Le FMI veut des femmes pour guérir l'économie

EtudeUne note du Fonds monétaire international voit la promotion des femmes dans l'économie comme la solution à de nombreux maux de la situation actuelle.

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Angela Merkel réélue triomphalement dimanche 22 septembre, Janet Yellen sur le point d'être nommée par Barack Obama à la tête de la Fed (Réserve fédérale américaine), Marissa Mayer au sommet de Yahoo , Sheryl Sandberg n°2 de Facebook , Hillary Clinton qui annonce ce week-end ses ambitions pour la Maison Blanche: les femmes de pouvoir font l'actualité ces derniers jours.

Et c'est une autre institution dirigée par une femme, Christine Lagarde, qui vient de faire paraître une note sur la place du sexe prétendu «faible»: avec «Les femmes, le travail et l'économie; les gains macroéconomiques (à attendre) d'une égalité des sexes», le FMI (Fonds monétaire international) va plus loin que le titre ne le laisse supposer.

La moitié de la population, beaucoup moins en main-d’œuvre

Au fil des trente pages de ce rapport, les huit économistes mandatés par le FMI (des hommes et des femmes) égrènent une liste impressionnante de problèmes qui pourraient être résolus en intégrant davantage de femmes à toutes les strates de l'économie: financement des retraites, accroissement de la croissance, réduction des déficits sociaux, et même stabilité des marchés financiers.

«Les femmes constituent un peu plus de la moitié de la population mondiale, mais leur contribution aux chiffres d'activité, de croissance et de bien-être économiques est nettement inférieur à leur potentiel», notent les auteurs de l'étude.

Ils rappellent qu'au niveau mondial, seulement 40% de la force de travail de l'économie est assurée par les femmes. Mais insistent aussi sur l'importance non mesurée de leur part dans le «secteur informel» et dans le «travail non rémunéré» (tâches ménagères notamment). Selon l'Organisation internationale du travail, les femmes consacrent à ces dernières deux heures et demi de plus chaque jour que les hommes.

Salaires et postes à responsabilité

A propos de salaires, c'est l'un des points principaux évoqués par les huit auteurs de l'étude, avec la disparité hommes/femmes au niveau des postes de direction et à responsabilités. Ainsi, 4% seulement des 500 grandes entreprises de l'indice Standard and Poor's ont des femmes comme CEO. En Suisse, la situation est également difficile: dans son numéro annuel consacré aux femmes Leaders, Bilan constatait que la présence des femmes est limitée à 12% dans les conseils d'administration des grandes entreprises.

Au niveau général, en Asie de l'Est, la participation féminine atteint 63% du marché du travail, contre seulement 21% au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Ces disparités n'épargnent pas les pays de l'OCDE: les experts du FMI estiment que le Japon pourrait gagner 0,25% de croissance du PIB en plus si le personnel féminin était aussi bien intégré au marché du travail que dans les autres pays du G7. Pour un archipel qui voit sa pyramide des âges faire peser de graves menaces sur le financement des retraites, cette piste constituerait une réponse de poids.

Des gains pour le PIB

Aux États-Unis, si le taux d'emploi des femmes rejoignait celui des hommes, le PIB pourrait croître de 5%. Le gain pourrait atteindre 12% dans les Émirats arabes unis et jusqu'à 34% en Égypte.

Autre point de divergence hommes/femmes selon les auteurs de la note du FMI: la vulnérabilité en cas de secousse économique. Prenant appui sur la grande récession de 2007-2009, ils concluent que les représentantes du «beau sexe» ont été moins touchées par le chômage aux États-Unis où 80% d'entre elles travaillent dans les services, un secteur plus épargné que l'industrie, où les hommes sont plus présents. A contrario, les pays émergents, et particulièrement les pays d'Amérique latine, ont connu le phénomène inverse: 70% des chômeurs mexicains supplémentaires dans cette période étaient des chômeuses.

Les marchés financiers version femmes

Point sans doute le plus surprenant de l'étude: l'effet féminin sur la bourse. Une participation accrue des femmes aux marchés financiers permettrait d'atténuer leur volatilité excessive, la gent féminine étant moins portée aux excès et au court termisme, selon les huit auteurs qui se basent sur une centaine d'études sur le sujet.

Pour remédier à ces problèmes, les spécialistes du FMI préconisent un large éventail de solutions: l'éducation tout d'abord, qui reste insuffisante dans les pays en développement, une fiscalité dissuasive pour les pays développés, un impôt sur le revenu progressif constituant une incitation pour les femmes à rester au foyer.

Créé: 25.09.2013, 10h54

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