Le franc fort pénalise avant tout Migros à Genève

Commerce de détailLes ventes du centre commercial de Balexert ont chuté de près de 6%. Lueur d’espoir: le franc tend à faiblir.

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«L’année 2015, un exercice historiquement mauvais pour le com merce de détail», évalue Oliver Adler, responsable de la Recherche, chez Credit Suisse. Ou le pire millésime depuis dix ans, entend-on souvent dans la branche. Une chose est sûre: le franc fort a tout particulièrement pénalisé les centres commerciaux et Migros à Genève. Les chiffres d’affaires réels de l’ensemble du commerce de détail ont ainsi diminué l’an dernier de 0,4%. Cette évolution ne saurait être prise à la légère en regard d’une hausse de 1,1% en 2014 (données de Credit Suisse). Et les consommateurs semblent en particulier se lasser des centres commerciaux suisses. Leurs ventes cumulées ont en effet chuté de 3% au cours de l’exercice écoulé, par rapport à 2014 (chiffres de l’association Swiss Council of Shopping Centers). Et, à Genève, le recul de celui de Balexert avoisine le double: –5,9%. Lueur d’espoir

Seul un centre commercial lucernois a souffert autant que le genevois, selon l’institut de recherche nidwaldien Gfk Switzerland AG (voir infographie). Il s’agit de l’Emmen Center. Un établissement lui aussi un brin genevois. Il appartient en effet, en partie, à Maus Frères SA, domiciliée près de la gare Cornavin et exploitant aussi des centres commerciaux dans le canton de Vaud (Chavannes Centre à Chavannes-de-Bogis et Centre Saint-Antoine à Vevey).

De nombreux spécialistes estiment que la concurrence des ventes en ligne mine tout particulièrement les centres commerciaux. Depuis plusieurs années, la croissance des détaillants helvétiques excède les 5% sur le Net. Marcel Stoffel, directeur du Swiss Council of Shopping Centers, estime qu’en Suisse les recettes globales de l’e-commerce dépasseront celles de tous les centres commerciaux réunis d’ici à quatre ans.

«La baisse de 6% du chiffre d’affaires dans notre centre commercial de Balexert s’explique certes par la conjugaison de plusieurs facteurs. Mais avant tout par la force du franc par rapport à l’euro», reste convaincue Isabelle Vidon, porte-parole de Migros Genève.

Une lueur d’espoir vient toutefois d’apparaître sur le marché des changes. Du 12 avril et jusqu’au 6 mai, une hausse quasi constante de l’euro a en effet pu être observée.

Au début de la semaine, il fallait encore payer 1,11 franc pour acheter 1 euro. La monnaie unique a renchéri de 1,8%, en un mois seulement, par rapport au franc. Cette évolution paraît d’autant plus réjouissante qu’il s’agit vraisemblablement moins d’un renforcement de l’euro que d’un réel affaiblissement du franc.

La devise helvétique s’est ainsi affaiblie non seulement par rapport à l’euro, mais aussi face à la livre sterling et au yen. Le franc s’est en plus déprécié de 0,7% par rapport au dollar au cours des quatre dernières semaines. Dans ce contexte, les experts de Credit Suisse ont eux-mêmes exprimé quelque optimisme.

«Le cours de change euro/franc devrait se maintenir autour de 1,10 franc cette année. Une telle tendance paraît favorisée par les taux d’intérêt négatifs et les achats de devises sporadiques pratiqués par la BNS», estime Oliver Adler.

Habitudes à changer

Plus de la moitié des détaillants, interrogés récemment par le consultant zougois Fuhrer & Hotz AG, anticipent d’ailleurs une hausse de leurs ventes cette année. Isabelle Vidon ne cède cependant pas à l’euphorie: «Avec son pouvoir d’achat accru à l’étranger, le consommateur suisse a pris des habitudes. Si l’euro continue à prendre des forces, un changement de ces habitudes prendra donc tout de même du temps.»

Créé: 14.05.2016, 14h19

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