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La France et l'Allemagne entrent en récession

Plombé par le coronavirus, l'Hexagone a réalisé sa pire performance trimestrielle depuis 1945. L'économie allemande plonge comme encore jamais elle aussi.

Paris et Francfort enregistrent des chutes de PIB de 6 et 9,8%.

Le produit intérieur brut (PIB) français a chuté d'environ 6% au premier trimestre 2020, plombé par l'épidémie de Covid-19 qui a mis une grande partie de l'économie à l'arrêt et plonge le pays en récession, selon une estimation, publiée mercredi par la Banque de France.

Cette estimation correspond à la pire performance trimestrielle de l'économie française depuis 1945. Le PIB s'étant déjà replié de 0,1% au quatrième trimestre, selon les dernières données de l'institut national des statistiques Insee, la France est donc techniquement en récession. L'activité a notamment été inférieure d'environ un tiers (-32%) à la normale sur les quinze derniers jours de mars, selon l'évaluation de la Banque de France, issue d'une enquête réalisée auprès de 8500 entreprises.

Comme en mai 1968

«Il faut remonter au 2e trimestre 1968, marqué par les événements du mois de mai, pour retrouver une baisse trimestrielle de l'activité du même ordre de grandeur», mais quand même inférieure, détaille-t-elle dans sa note de conjoncture. Le PIB avait alors chuté de 5,3%.

Dans la lignée des estimations de l'Insee, la banque centrale française estime que chaque quinzaine de confinement entraîne un recul de 1,5% du PIB sur un an. Mais elle prévient que ce chiffre «ne doit pas être extrapolé abusivement», l'intensité des effets du confinement pouvant évoluer à mesure qu'il s'allonge. Commencé le 17 mars, il doit durer au moins jusqu'au 15 avril.

L'analyse de la Banque de France confirme que la plupart des secteurs économiques ont connu de fortes et brutales pertes d'activité, les plus touchés étant ceux de la construction, du commerce, des transports, de l'hébergement et de la restauration.

De nombreux jours de fermeture

Pour matérialiser ce recul, elle a notamment pris en compte les jours durant lesquels les entreprises ont dû cesser leur activité durant la dernière quinzaine de mars. Dans les services marchands, les entreprises ont ainsi connu en moyenne 6 jours de fermeture exceptionnelle, mais cela monte à 14 jours pour la restauration et à 13 pour les entreprises d'hébergement. Soit une inactivité quasi-totale. A l'inverse, les services aux entreprises s'en sortent mieux, avec seulement un à trois jours de fermeture.

L'industrie est aussi touchée, avec en moyenne 5 jours de fermeture exceptionnelle sur la période. Et les sites de production ont tourné en moyenne à 56% de leur capacité en mars, contre 78% en février. Mais ce taux est tombé à 41% dans l'automobile et à 46% dans la métallurgie, alors que la pharmacie (79%) ou l'industrie agroalimentaire (71%) ont mieux résisté.

En Allemagne aussi

L'économie allemande devrait se contracter de 9,8% au deuxième trimestre de cette année en raison de la pandémie de coronavirus, du jamais vu dans l'histoire récente, selon les projections communes des principaux instituts économiques publiées mercredi.

Sur l'ensemble de l'année, les instituts (DIW, IfO, IfW, IWH et RWI) s'attendent à une récession de 4,2%, soit un peu moins que ce qu'anticipe le gouvernement, avant un net rebond en 2021, avec une croissance du produit intérieur brut (PIB) projetée de 5,8%. Le ministre allemand de l'Economie Peter Altmaier a indiqué récemment que la récession serait au moins comparable à celle de la crise financière, qui a vu le PIB allemand fléchir de 5%.

La contraction au deuxième trimestre, sur un an, serait la pire connue depuis le premier recensement des données de croissance trimestrielles en 1970 et serait deux fois plus importante que la contraction du premier trimestre 2009, lors de la crise financière, notent les chercheurs.

Leur évaluation rejoint celle du Comité des «sages», des économistes conseillant le gouvernement allemand, et qui anticipent un recul du PIB allemand compris entre 2,8% et 5,4% en 2020 en fonction de la durée des mesures restrictives mises en place pour ralentir la propagation de la pandémie.

Hausse du taux de chômage

Le coronavirus «déclenche une grave récession», le taux de chômage devant se hisser à 5,9% de la population active, soit 2,5 millions de personnes sans emploi. Par ailleurs, 2,4 millions de personnes devraient être placées en chômage partiel, selon le rapport. Au premier trimestre, moins marqué par les conséquences de l'épidémie, le PIB «devrait avoir reculé de 1,9%», ajoutent les experts.

L'Allemagne reste cependant «bien placée pour faire face à l'effondrement économique» et pour «retrouver sur le moyen terme le niveau de croissance qui aurait été le sien sans la crise», explique Timo Wollmershäuser, de l'institut IfO.

L'Allemagne a lancé un plan géant de soutien, inédit depuis la Seconde Guerre mondiale, de 1.100 milliards d'euros au total. Cela l'a contrainte à suspendre sa sacro-sainte règle d'équilibre budgétaire, condition pour pouvoir contracter de nouvelles dettes, pour la première fois depuis 2013, et ce à hauteur de 156 milliards d'euros pour 2020

(AFP)

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