Un G20 financier sur fond de tensions chinoises

Réunion internationaleA Shanghai, la manière dont Pékin gère ses difficultés risque fort de dominer les discussions du week-end.

En plus de la chute du prix du pétrole – l’autre facteur majeur d’inquiétudes – le FMI a une nouvelle fois pointé du doigt le ralentissement conjoncturel chinois.

En plus de la chute du prix du pétrole – l’autre facteur majeur d’inquiétudes – le FMI a une nouvelle fois pointé du doigt le ralentissement conjoncturel chinois. Image: AP

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Parfois les hasards de calendrier s’avèrent malencontreux. A quelques heures du début du prochain G20 financier, c’est l’impression qui se dégage de cette rencontre puisque la Chine en est le pays hôte. Cette dernière va ainsi accueillir les ministres des finances et gouverneurs des banques centrales des plus grandes puissances économiques du globe au moment où sa propre économie vacille et entraîne dans son sillage les marchés financiers depuis plusieurs mois. Du coup, la manière dont Pékin gère ses difficultés risque fort de dominer les discussions du week-end.

Multiplication des alarmes

Il faut dire que les signaux d’alarme se multiplient en ce qui concerne la première économie mondiale et son gouvernement qui apparaît de plus en plus inapte à redresser la barre. «Les décisions prises ces derniers mois laissent planer un doute sur la capacité réelle de Pékin à maîtriser la situation, dont l’ajustement du yuan (monnaie chinoise) en tête», confirmait dans nos pages Fabrizio Quirighetti, l’économiste en chef de la Banque Syz. En début de semaine, la Chambre de commerce de l’Union européenne faisait, elle, part de ses inquiétudes sur les surcapacités actuelles de l’industrie chinoise. «Elles sont depuis de longues années une plaie, plombant des dizaines de secteurs, avec de profondes répercussions sur l’économie mondiale et sur la croissance de la Chine en particulier», pouvait-on lire dans le rapport de la Chambre.

Si cette tendance à trop produire touche de nombreux secteurs, celui de l’acier est particulièrement marquant. Les aciéries chinoises produisent actuellement autant que les quatre autres plus gros producteurs au monde d’acier (Japon, l’Inde, les Etats-Unis et la Russie) et cela tous réunis. Le problème: plus de la moitié d’entre elles seraient déjà déficitaires.

Nouvelle alerte du FMI

Dans un rapport publié hier, le Fonds monétaire international (FMI) lançait à son tour un avertissement sur la vulnérabilité actuelle et croissante de l’économie mondiale. En plus de la chute du prix du pétrole – l’autre facteur majeur d’inquiétudes –, le FMI a une nouvelle fois pointé du doigt le ralentissement conjoncturel chinois. En réaction, l’institut appelle les ministres des finances et grands argentiers réunis à Shanghai à faire des efforts de toute urgence pour «améliorer le filet de sécurité financier mondial».

Malgré les fortes turbulences actuelles, les espoirs d’aboutir à un plan concerté de relance de l’économie mondiale semblent faibles. «Même si le tableau global est moins rose qu’il y a un an, cette réunion ne débouchera probablement sur aucune réponse de court terme à la crise», expliquait anonymement à l’AFP un responsable italien. «Il ne faut pas s’attendre à une réponse de crise dans un environnement sans crise», assurait pour sa part sur Bloomberg TV, le secrétaire au Trésor américain, Jack Lew.


La Suisse aura ses priorités au G20

Avec Singapour, la Suisse fait parti des pays invités par la présidence chinoise au sommet financier du G20. La délégation menée par Ueli Maurer (ministre des Finances) et à laquelle participe Thomas Jordan, président de la Direction de la Banque nationale suisse, aura à cœur de défendre plusieurs dossiers chauds. «La présidence chinoise met l’accent sur les réformes structurelles, objectif que soutient la Suisse. En outre, la consolidation des finances publiques constitue une priorité pour la Suisse», explique Anne Césard, porte-parole du Secrétariat d’Etat aux questions financières internationales (SFI). A noter que sur ce dernier point, les discussions risquent d’être houleuses avec l’émergence d’un front mené par les Etats-Unis et le Japon, qui insistent à l’inverse sur la mise en place de mesures budgétaires de soutien pour relancer l’économie mondiale.

L’autre enjeu de taille que défendra la Suisse concerne la stabilité financière mondiale. «Cela implique qu’il faut poursuivre les efforts entrepris pour appliquer de façon systématique les réformes décidées au plan international en matière de réglementation des marchés financiers, notamment en ce qui concerne la liquidation des banques d’importance systémique et la mise en œuvre de Bâle III», détaille Anne Césard.

Enfin, la question de la durabilité dans le secteur financier («green finance»), nouveau thème propre à ce G20 des finances, ne sera pas non plus négligée par la Confédération. Au contraire, la Suisse compte très clairement s’impliquer puisqu’elle annonce déjà l’organisation d’un séminaire de travail au mois de mai pour discuter du potentiel concret d’une économie durable. O.W.

Créé: 26.02.2016, 08h30

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