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Les gaziers se battent pour rester dans la course

À l’aide d’une étude publiée mardi, les géants européens défendent leur place dans les futures politiques énergétiques.

Dans un monde où l’urgence climatique est chaque jour plus présente, où la lutte contre les émissions de CO2 doit s’accélérer et où la Suisse plébiscite un scénario où le gaz (naturel) jouerait un simple rôle d’énergie transitoire, les géants du gaz tentent d’affirmer leur importance dans la transition énergétique en cours. «Nous estimons que le maintien d’une infrastructure gazière performante sera essentiel pour réussir cette transformation en Suisse et assurer la sécurité de notre approvisionnement en énergie», confirme René Bautz, CEO de Gaznat SA.

Pour le prouver, les membres de la Green Gas Initiative (GGI) ont confié à Frontier Economics la tâche de réaliser une étude sur cette problématique. Les experts de ce cabinet de conseil en économie ont ainsi analysé et comparé plusieurs scénarios au sein de huit pays européens, dont la Suisse. Deux visions s’y opposent principalement: celle impliquant un modèle d’approvisionnement 100% électrique en provenance de sources d’énergies uniquement renouvelables et celle où le gaz conserverait un rôle non négligeable sur le long terme.

Solution la moins onéreuse

À en croire l’étude, les arguments en faveur de la seconde piste dépasseraient de loin celle du modèle uniquement électrique. «Une combinaison entre l’électricité et le gaz représenterait la combinaison la plus optimale pour répondre aux futurs défis de l’approvisionnement, du stockage, du transport ou encore de la décarbonisation au sein de l’Europe».

L’utilisation des infrastructures, combinées au développement de gaz renouvelable, aboutirait même à des économies substantielles, puisque les experts de Frontier Economics évoquent, pour les huit pays, 30 à 49 milliards d’euros d’économie par an, dont 1,3 à 1,9 milliard pour la Suisse à l’horizon 2050.

Mais l’aspect financier n’est pas le seul argument à faire le jeu des gaziers. Alors que l’électricité reste toujours aussi difficile à stocker en vue d’une utilisation ultérieure, ce n’est pas le cas du gaz. Son volume de stockage serait environ 1000 fois plus important que celui de la fée Électricité. «En hiver, le secteur du chauffage fait chaque année face à des pics de demande, une saisonnalité à laquelle l’industrie gazière peut répondre», assure René Bautz.

Facile à transporter

À cela s’ajoute encore la facilité à transporter et distribuer le gaz dans les pays analysés. Selon l’étude, «les capacités de transport des infrastructures gazières actuelles sont énormes». Elles dépassent largement celles du secteur électrique, un réseau dont l’extension serait inévitable étant donné sa congestion actuelle. Or, selon les experts, en plus d’être potentiellement très coûteuse, cette extension pourrait être source d’opposition publique.

Pour autant que le pari pris autour de l’hydrogène se concrétise favorablement dans les années à venir, la ressource pourrait aussi servir les intérêts des géants du gaz. Leurs infrastructures pourraient en effet être particulièrement utiles pour son transport.

Un gaz bientôt renouvelable

Conscients que la piste du gaz, même naturel, implique toujours la diffusion de CO2 dans l’atmosphère, les géants gaziers jouent également la carte de la «décarbonisation» à terme de leurs activités. Pour le moment, les options sont diverses, allant de la biométhanisation (du gaz 100% renouvelable à base de diverses sortes de déchets, comme le bois) à l’utilisation de nouvelles technologies, telles que la capture et le stockage de CO2 (Carbon Capture and Storage, CCS).

Cette dernière solution est toutefois particulièrement contestée, notamment au sein de certaines ONG. «Cette technologie arrive malheureusement trop tard. En effet, elle ne serait pas disponible avant 2030. Les calculs ont montré que, en fonction du type de méthode CCS utilisée, jusqu’à 40% de la puissance des centrales seraient perdus. Cela entraînerait donc encore plus d’émissions de CO2», alerte Greenpeace.

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