Après Genève, le léman tente sa chance à Lausanne

MonnaieDès aujourd'hui, les premières coupures seront écoulées en terres lausannoises. Mais quel sérieux peut-on accorder à cette initiative?

Image: Laurent Guiraud

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Le commerce de détail est en crise. Si le diagnostic est actuellement incontestable, les remèdes peinent à émerger. Depuis quelques mois, une association genevoise mise sur la création d’une monnaie alternative pour contrer cette tendance négative: le léman.

Au vu du succès croissant remporté par la nouvelle monnaie dans la Cité de Calvin (l’association compte 1000 adhérents et 200 entreprises partenaires), l’idée d’étendre cette communauté de paiements sur Lausanne a gagné les faveurs du socialiste lausannois Denis Corboz. «Nous cherchions une réponse au franc fort et aux ventes en ligne qui amplifient la crise vécue par le commerce de détail», confirme ce dernier.

Légalité du procédé

Comme les fondateurs du léman, Denis Corboz veut «favoriser les circuits courts et promouvoir l’économie locale». Dès aujourd’hui, dans le cadre du Festival de la Terre, les premières coupures en lémans seront disponibles dans la capitale olympique.

Si l’initiative en soi peut se défendre, quel sérieux peut-on réellement lui accorder en Suisse? Est-il par exemple légal de créer une monnaie, alors que le Conseil fédéral rappelait dans un rapport datant de juin 2014 que «la monnaie relève de la compétence de la Confédération et le droit de frapper monnaie ainsi que celui d’émettre des billets de banque lui appartiennent en exclusivité»? Selon Antonin Calderon, l’un des membres fondateurs de l’association Monnais Léman, il n’y a pas de problème du moment qu’il n’y a pas d’émission de monnaie. «Nous sommes une communauté similaire à ce qui se fait avec les chèques Reka ou les points Cumulus Migros», précise-t-il.

Prévention contre la fraude

Pour éviter la fraude, les coupures en lémans sont, à l’instar des billets de banque classiques, protégées par plusieurs sécurités (hologramme, billet numéroté et d’autres mesures secrètes). «Le fait que nous n’ayons pas non plus de grosses coupures devrait décourager les faussaires», pense Jean Rossiaud, président de l’association. Concernant les garanties propres à cette monnaie, Antonin Calderon signale que «chaque léman en circulation est couvert par un franc suisse déposé auprès de la Banque Alternative Suisse (BAS)». En gros, cela signifie que si cette monnaie venait à sombrer, tous les détenteurs de lémans pourraient être remboursés en francs suisses.

Enfin, pour éviter la spéculation, le léman n’est pas convertible. «Notre objectif est que cet argent soit réinjecté dans un réseau local et permette d’en redynamiser l’économie», rappelle Antonin Calderon.

Comme Jean Rossiaud, ce dernier travaille pour l’association Monnaie Léman pendant son temps libre. Jusqu’ici, cette dernière a tourné grâce au soutien militant de ses membres et à l’aide de petites subventions. Pour l’avenir, certaines pistes, comme un système de cotisation des membres ou le passage par une plate-forme de crowdfunding, sont en réflexion.

D’ici au mois de mars de l’année prochaine, il est aussi prévu que la monnaie se digitalise et fonctionne à l’aide d’une application. La mise en place d’un système de crédit mutualisé est également à l’étude. (24 heures)

Créé: 10.06.2016, 16h25

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O.W.

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