Girard-Perregaux dévoile sa nouvelle stratégie

HorlogerieÀ la tête de deux marques du groupe Kering depuis deux mois et demi, Patrick Pruniaux évoque un simple «réalignement».

Patrick Pruniaux, à la tête de la maison horlogère Girard-Perreaux.

Patrick Pruniaux, à la tête de la maison horlogère Girard-Perreaux. Image: Maurane Di Matteo

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En charge de gérer la destinée de deux maisons horlogères historiques neuchâteloises passées dans le giron de Kering il y a une dizaine d’années – le conglomérat de la famille française Pinault – Patrick Pruniaux a esquissé vendredi les évolutions qu’il compte imprimer chez Girard-Perregaux.

«Quand vous prenez la tête d’une entreprise âgée de 227 ans, vous ne vous mettez pas en tête de tout changer, vous réalignez simplement les choses», admet celui qui dirige Girard-Perregaux depuis deux mois et demi. Et ce d’autant plus qu’il dit avoir «reçu en héritage de [son] prédécesseur» – l’Italien Antonio Calce, démis de ses fonctions en juin – «une entreprise en très bonne situation».

Très bonne, comment? Le cadre de Kering ne lâche aucun chiffre, se bornant à un «conforme au reste du marché». Le marché? La Fédération horlogère suisse a fait récemment état d’une «croissance élevée de 7,5%» sur les neuf premiers mois de l’année 2018 tout en alertant également sur une «première baisse mensuelle depuis un an et demi».

Pas de coupes d’effectifs

Pas d’impératif de synergies tous azimuts, question que Patrick Pruniaux, qui était à la tête d’Ulysse Nardin depuis un an, dit s’être posée avant d’accepter cette double casquette cet été. «Je me suis demandé s’il était faisable de piloter deux marques aussi proches en termes de tarification mais différentes au niveau de leur positionnement, de leur âme.» La réponse aura donc finalement été positive.

«Nous nous assurons que certaines parties des deux sociétés puissent réunir leur expertise – ce dont elles discutaient déjà, sur le plan industriel, avant mon arrivée», évoque simplement Patrick Pruniaux. Mais toucher à l’emploi «n’est en rien l’objectif, le but étant de joindre les forces des deux maisons». Girard-Perregaux et Ulysse Nardin emploieraient environ 300 personnes, chiffre que leur patron se refuse à valider. L’homme, qui ne craint pas d’associer à son complet bleu des baskets Gucci rouge vif – marque phare du groupe Kering – dit travailler à la mise en place d’une «plateforme» au service des deux marques, afin d’assurer que leurs produits ou leurs efforts de marketing soient «alignés». Cet ancien de TAG Heuer assure qu’il se gardera bien de «brouiller» le message renvoyé par l’image des deux maisons.

La nouvelle image de GP

La présentation vendredi, en avant-première, de quelques-uns des modèles qui seront révélés au Salon international de la haute horlogerie de Genève en janvier a été l’occasion pour le responsable horloger d’esquisser les références auxquelles doit renvoyer l’image toilettée de la prestigieuse maison horlogère de La Chaux-de-Fonds. En clair, son positionnement sur le marché.

Girard Perregaux doit être perçue comme «une marque d’esthète qui travaille sur l’invisible» et doit renvoyer «une certaine poésie, une quête de la beauté», un peu à la manière d’un Van Cleef. Patrick Pruniaux évoque l’eau d’un lac, les pierres, le ciel, autant «d’histoires qui seront fortement évoquées» par les nouveaux modèles. L’accueil de la profession était attendu dès vendredi soir, sept montres issues de Girard-Perregaux et Ulysse Nardin étant préselectionnées pour le Grand Prix d’horlogerie de Genève.


Richemont refroidit le secteur du luxe

Le bilan d’activité semestriel tracé vendredi par un autre conglomérat du luxe, Richemont, a été très fraîchement accueilli par les milieux financiers vendredi, ses actions plongeant de plus de 6% au cours de la journée. Le propriétaire des montres Jaeger-LeCoultre et Piaget ou encore des bijoux Van Cleef a déjà vu ses titres perdre plus de 16% en Bourse cette année.

Le bénéfice semestriel du groupe a plus que doublé, à 2,25 milliards d’euros, mais principalement en raison d’un gain lié à la réévaluation des actions de Yoox Net-a-Porter. En excluant ce gain exceptionnel, le bénéfice net a baissé de 10%, à 875 millions d’euros.

Le numéro deux mondial du luxe a attribué sa faible performance en Europe à la cession du maroquinier Lancel et au fait qu’il a limité ses ventes aux détaillants tiers pour éviter que les stocks invendus ne se retrouvent sur les plates-formes en ligne avec de gros rabais. «Les résultats sont au-dessous des attentes et montrent un ralentissement en septembre», a réagi René Weber, spécialiste du secteur au sein de la banque Vontobel. Ce dernier remarque cependant «la solidité des marges dans la joaillerie, l’une des principales locomotives de la croissance du groupe». Les ventes de montres sont également restées solides. (24 heures)

Créé: 09.11.2018, 20h03

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