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PétroleLe groupe Petroplus va demander un sursis concordataire

L'objectif du gouvernement neuchâtelois est de maintenir la raffinerie en état de fonctionner pour séduire un acquéreur malgré la demande de sursis concordataire du groupe Petroplus.

L'objectif est de maintenir la raffinerie de Cressier en état de fonctionner pour séduire un acquéreur.
L'objectif est de maintenir la raffinerie de Cressier en état de fonctionner pour séduire un acquéreur.
Keystone

Le groupe de raffineries indépendant basé à Zoug a annoncé mardi qu’il allait se déclarer insolvable après un défaut sur ses obligations et autres emprunts pour 1,75 milliard de dollars (1,62 milliard de francs). La demande de sursis concordataire, qui permet de se protéger des créanciers le temps de trouver des solutions, sera déposée dès que possible.

«Nous avons travaillé d’arrache-pied afin d’éviter cette issue mais nous ne sommes pas parvenus à un accord, compte tenu d’un marché du crédit et du raffinage difficile en Europe», a déclaré le directeur général de Petroplus Jean-Paul Vettier, cité dans un communiqué.

Le conseil d’administration veut maintenant faire en sorte que les activités soient proprement bouclées afin de conserver le plus de valeur possible. Des démarches juridiques seront entreprises par les entités du groupe dans leur pays respectif.

Repreneurs potentiels

En dépit de cette annonce de demande de sursis concordataire, le conseiller d’Etat neuchâtelois Thierry Grosjean se veut optimiste quant à l’avenir du site de Cressier. L’objectif est de maintenir la raffinerie en état de fonctionner pour qu’elle conserve sa valeur et trouve ainsi plus facilement un acquéreur.

«Il y a des gens intéressés, entre cinq et dix», a déclaré Thierry Grosjean lors d’un point presse. Le ministre de l’économie n’a pas cité de noms de repreneurs potentiels. Il a relevé qu’il s’agissait de grands groupes étrangers. Le syndicat Unia demande pour sa part aux autorités de tout faire pour faciliter une reprise du site et maintenir les emplois.

Décision du juge

Dans l’immédiat, le canton de Neuchâtel attend la décision du juge qui devra statuer sur la demande de mise en sursis concordataire. Si le juge l’accorde, il faudra désigner un commissaire au sursis. Ce scénario permettrait d’introduire le temps partiel (RHT) sur le site de Cressier qui emploie quelque 260 personnes.

Pour Unia, la mise en sursis concordataire permettrait de gagner un «peu de temps» pour offrir une perspective à la raffinerie et à ses employés. Le conseiller d’Etat neuchâtelois a précisé qu’il n’y avait à ce jour pas de retard dans le versement des salaires.

Spectre de la faillite

L’autre scénario est la faillite avec les licenciements à la clé et la vente de cet outil de travail. Un démantèlement du site pourrait coûter selon une fourchette et en fonction de la future affectation du lieu entre 20 et 100 millions de francs, a avancé le conseiller d’Etat. Un montant à charge de Petroplus sauf si le groupe est mis en faillite.

L’arrêt définitif de Cressier, l’une des deux raffineries de Suisse avec celle de Collombey (VS), propriété de Tamoil, ne menacerait pas pour autant l’approvisionnement de la Suisse en produits pétroliers raffinés.

L’usine de Cressier a terminé ses opérations de fermeture entamées la semaine dernière. Son personnel a entamé depuis des opérations de maintenance. Egalement propriété de Petroplus, les raffineries de Petit Couronne (F) et Anvers (B) ont été fermées elles début janvier.

Difficultés financières

Le premier raffineur indépendant en Europe se trouve en difficulté financière depuis fin décembre après s’être vu refuser l’accès à une ligne de crédit d’un milliard de dollars jugée «indispensable» au bon fonctionnement des opérations. La situation était devenue critique une semaine plus tard avec le gel de l’intégralité des financements.

Le 12 janvier, Petroplus a annoncé un accord temporaire avec les banques lui accordant des facilités de crédit. Celui-ci a permis au groupe, qui occupe au total 2500 personnes, de poursuivre jusqu’à aujourd’hui en partie les activités à Coryton en Angleterre et à Ingolstadt en Allemagne.

L’action plonge encore

Suspendue de cotation lundi, l’action Petroplus a encore plongé davantage mardi, descendant jusqu’à 17 centimes. Vers 17h00, elle se négociait à 24 centimes.

Avant la suspension de négoce de lundi, le titre s’affichait lundi à 1,47 franc, alors qu’il valait encore plus de 15 francs il y a un an, et 3,48 francs avant l’annonce des difficultés de financement du groupe à la fin décembre.

ats

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