Le groupe vaudois Minoteries SA redoute Coop

IndustrieLe numéro 2 de la meunerie reconnaît une chute de 16% de son bénéfice net au premier semestre.

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«Il y a dans l’ensemble des signes d’un certain transfert de parts de marché. Avec fort peu de gagnants et beaucoup de perdants. D’autant plus que notre principal concurrent sait jouer avec habileté», relève le directeur général de Groupe Minoteries SA, Marc Müller.

Le capitaine de la firme vaudoise, domiciliée à Granges-près-Marnand, ne le désigne pas nommément, mais son principal concurrent n’est autre que Coop, propriétaire depuis près de vingt ans de la meunerie zurichoise Swissmill.

Il est vrai que les affaires s’avèrent difficiles dans cette industrie – ou cet artisanat – apparue en Suisse au XVe siècle. Groupe Minoteries SA, originellement fondé en 1885 sous le nom de Minoteries de Plainpalais SA, reconnaît ainsi une chute de 16% de son bénéfice net, à 2,1 millions de francs, au terme du premier semestre par rapport à la même période de l’an passé. Les ventes ont reculé de 3,1%, à 68,6 millions.

«Les pires récoltes»

Groupe Minoteries SA se trouve en outre confronté, comme ses confrères, à une réelle adversité. Les résultats de l’exercice écoulé ont ainsi été durement affectés par les récoltes de 2016, «les pires que l’on ait connues au cours des quarante dernières années», observe Marc Müller.

Les meuniers peuvent en plus craindre les conditions météorologiques les plus favorables. Celles-ci, en accroissant la qualité et le taux de protéines du blé, obligent en effet à verser des primes spéciales aux producteurs. Le prix des matières premières grimpe ainsi jusqu’à 75% ou 80% des coûts globaux de l’activité meunière, indique le directeur du marketing de Swissmill, Andreas Frank.

Dans ce contexte, l’industrie de la meunerie helvétique joue probablement sa survie dans une accélération de la consolidation du marché. Ainsi, Groupe Minoteries SA a multiplié les acquisitions ces dernières années. Avec un premier objectif: ne pas laisser les concurrents renforcer leurs positions. Le second étant de cesser l’exploitation d’une partie des infrastructures acquises et de concentrer la production de farine sur d’autres sites.

Ce processus a abouti en trois ans, de 2013 à 2016, à la fermeture des fameux Grands Moulins de Cossonay, à Penthalaz (Vaud). Scénario comparable en 2015 en Valais, lorsque Groupe Minoteries SA a fermé les Moulins de Sion SA.

Le principal rival de la firme vaudoise, Swissmill, associe pour sa part le savoir-faire du meunier aux atouts décisifs de la grande distribution, en l’occurrence Coop. Le couplage de telles forces permet de s’assurer des moyens de convaincre davantage de clients. Cette réalité commerciale ne saurait dissiper les inquiétudes des agriculteurs helvétiques les plus concernés. La Fédération suisse des producteurs de céréales revendiquait ainsi l’an dernier un relèvement des droits de douane sur les importations de grains, de 23 francs à 30 francs pour 100 kilos.

Créé: 26.09.2018, 19h38

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