L'heure des mégafusions d'entreprises a sonné

MultinationalesCe printemps donne des envies de fusion aux géants de la pharma, du ciment et de l'énergie. Les multinationales suisses, comme Novartis ou Holcim, sont touchées, mais également les entreprises de taille moyenne cotées en Bourse.

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Les experts mettent en avant le climat économique favorable, la hausse des Bourses, le faible niveau des taux d'intérêt et la fiscalité pour justifier le phénomène des mégafusions en recrudescence.

«Après la crise économique et financière, le marché est devenu attractif», a déclaré Timo Knak, partenaire du cabinet d'audit et de conseil KPMG. Les sociétés sont désormais bien «positionnées» et doivent se focaliser ou s'agrandir pour rester leaders dans leur domaine.

Les multinationales suisses, comme Novartis ou Holcim, sont bien sûr touchées par ce phénomène, mais les entreprises de taille moyenne cotées à la Bourse suisse également. «Beaucoup d'entre elles ont réussi à constituer des réserves d'argent liquide. Les actionnaires souhaitent désormais que cet argent soit utilisé, via des acquisitions notamment», ajoute Timo Knak.

Au 1er trimestre 2014, le volume des fusions et acquisitions en Suisse a ainsi atteint 26 milliards de dollars (23 milliards de francs), selon KPMG. Il s'agit du meilleur résultat depuis le deuxième trimestre 2012, lors de l«annonce du mariage entre les géants miniers Glencore et Xstrata. Les opérations se montent à 76, contre 52 une année plus tôt.

Outre le climat économique, d'autres facteurs jouent également en faveur de rapprochements. Comme les cours boursiers sont élevés, les actions des entreprises sont une bonne monnaie d'échange pour financer les opérations. De plus, les taux d'intérêt très bas permettent des rachats à bas coût. La volonté d'échapper au fisc jugé trop rapace de certains pays peut jouer un rôle.

Le rôle important de la fiscalité

«La fiscalité est un élément important de cette recherche d'acquisitions», assure Robert Pozen, un ancien patron de fonds d'investissement, résumant l'opinion des experts.

Cela tient à une particularité du système fiscal américain. Cas isolé sur le globe, les Etats-Unis soumettent à l'impôt l'ensemble des bénéfices de leurs entreprises - y compris ceux engrangés hors de leur territoire - mais leur permettent d'en stocker une partie à l'étranger, indéfiniment et hors de portée du fisc.

Au fil des années, les géants de Wall Street ont ainsi accumulé une montagne de cash hors des Etats-Unis - plus de 2000 milliards de dollars (1760 milliards de francs) selon le cabinet AuditAnalytics - afin d'échapper aux 35% d'impôt sur les sociétés aux Etats-Unis, l'un des taux les plus élevés du monde industrialisé.

Une voie s'offre alors à elles pour investir cet argent sans rapatrier leurs fonds aux Etats-Unis: racheter des entreprises à l'étranger, notamment en Europe.

Cette tendance à de grands rapprochements devrait continuer. Selon l'expert de KPMG, «il est difficile de prévoir l'avenir car les fusions de multinationales se préparent pendant un certain temps et sont quand même une exception. On peut toutefois s'attendre à ce que cette tendance se poursuive, si le climat économique reste positif dans les prochaines années et si les taux d'intérêt demeurent à bas niveau».

Valse printanière

Ce printemps, la valse des mégafusions se succède. Dans le matériau de construction, les deux leaders mondiaux, le groupe st-gallois Holcim et le français Lafarge ont officialisé début avril leur projet de fusion qui devrait aboutir au 1er semestre 2015. Dans l'industrie, les activités dans les énergies du français Alstom sont convoitées par l'américain General Electric et l'allemand Siemens.

Dans la pharma, le géant américain Pfizer veut racheter son concurrent anglo-suédois AstraZeneca, alors que la semaine dernière Novartis a racheté la division oncologie du britannique GSK et lui a vendu sa branche vaccins. Dans la foulée, le géant bâlois a cédé sa division de santé animale à Eli Lilly.

Le canadien Valeant, associé au milliardaire Bill Ackman, vient de lancer une OPA hostile à plus de 45 milliards de dollars sur le fabricant californien du Botox, Allergan, tandis que l'américain Merck cherche à céder son activité de médicaments en vente libre. (ats/nxp)

Créé: 01.05.2014, 11h21

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