Les hôteliers suisses ne veulent pas devenir des paysans aidés

TourismePeter Vollmer, vice-président de Suisse Tourisme, ne voit pas l'avenir du tourisme dans l'obtention de nouveaux privilèges.

Aussi à l’aise dans le lancer de drapeau qu’avec le ballon ovale dans les mains, Sébastien Chabal avait fait la promotion du tourisme suisse en 2013 à Paris.

Aussi à l’aise dans le lancer de drapeau qu’avec le ballon ovale dans les mains, Sébastien Chabal avait fait la promotion du tourisme suisse en 2013 à Paris. Image: LDD

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Pourtant en pleine tourmente, le tourisme suisse a démontré encore une fois ce mardi matin à Zurich une des choses qu'il maîtrise bien: son incapacité à s'entendre sur une stratégie fédératrice. Lors d'une table ronde organisée par le réviseur KPMG, le vice-président de Suisse Tourisme, Peter Vollmer, lui-même hôtelier, a dénoncé le danger qui plane sur la branche à «adopter l'attitude dogmatique de l'agriculture» en cherchant à obtenir toujours davantage de privilèges.

Le vice-président de cette organisation de marketing, qui a reçu elle-même une enveloppe de 220 millions de francs de la Confédération sur 2016-2020 pour assurer le développer de la branche, rebondissait avec ce propos sur une demande à nouveau formulée ce matin.

Philippe Frutiger, directeur du groupe Giordino, indiquait en effet que «la branche souffre d'une surréglementation qui l'empêche d'acheter meilleur marché de la viande et des légumes par exemple en Italie, ainsi que d'embaucher des travailleurs frontaliers Italiens 20% moins chers que des Suisses.»

«C'est toujours chacun pour soi, cette mentalité du clan et de la famille domine»

Pour Peter Vollmer à l'inverse, ces mesures, si elles étaient possibles, ne sauveraient pas le tourisme suisse «de la véritable réforme structurelle dont il a besoin».

Le vice-président a indiqué que la branche «souffre avant tout d'une manque de coopération, c'est toujours et encore chacun pour soi, cette mentalité du clan et de la famille domine les 25 000 petites et moyennes entreprises qui fondent le substrat du tourisme suisse».

«La Suisse et son hôtellerie doivent se développer en personnalisant leur offre, en particulier dans les hôtels de moyenne catégorie», a-t-il ajouté.

Le segment du luxe souffre de la fin de l'évasion fiscale

Son collègue du groupe Giordino, lui, préconise la spécialisation dans le luxe. Mais là aussi, ce n'est pas la panacée, car «les temps sont bien finis où les supers riches dépensaient sans compter leurs millions non déclarés dans les hôtels de luxe suisses, la branche est aussi touchée de plein fouet par la fin de l'évasion fiscale», a-t-il souligné.

Créé: 12.01.2016, 13h29

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