HSBC réduit ses effectifs à Genève et dans le monde

Restructurations La troisième banque du monde réoriente sa stratégie et ses activités.

Le groupe HSBC Holdings plc, domicilié et coté à Londres, vient d’annoncer qu’il supprimerait environ 50?000 postes dans ses effectifs à l’échelle planétaire.

Le groupe HSBC Holdings plc, domicilié et coté à Londres, vient d’annoncer qu’il supprimerait environ 50?000 postes dans ses effectifs à l’échelle planétaire. Image: Laurent Guiraud

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Ebranlé par de lourdes amendes, et la baisse de 15% de son bénéfice net l’an dernier, le groupe HSBC Holdings plc (Hongkong Shanghai Banking Corporation Public Limited Company), domicilié et coté à Londres, vient d’annoncer qu’il supprimerait environ 50 000 postes dans ses effectifs.

Ce dégraissage de grande envergure, au sein de la troisième banque du monde (en fonction de la masse d’actifs sous gestion), s’intègre dans un plan de restructuration planétaire. Et ni Genève ni la Suisse ne seront épargnées. HSBC Private Bank (Suisse) SA nous a en effet confirmé qu’elle envisageait de supprimer près de 260 postes, sur 1350 employés répartis entre Genève et Zurich. La majorité des emplois visés par ces mesures se concentre au bout du Léman, au siège de la société.

Bas coûts et haute qualité

Plus de 200 de ces suppressions de jobs concerneront notamment des personnes actives dans le back office. Une cinquantaine de postes, répartis dans d’autres services de l’établissement, devraient également disparaître. Des personnes bénéficiant de leur retraite ne seront pas remplacées.

HSBC Private Bank (Suisse) SA nous a précisé que le processus de réduction de ses effectifs devait commencer au deuxième trimestre. Il se prolongera ensuite jusqu’en avril 2017 (comme annoncé dans notre édition du 29 avril).

L’ensemble du groupe devrait lui-même diminuer son personnel de 10% dans le monde. Soit entre 22 000 et 25 000 emplois biffés. A cela s’ajouterait la vente des opérations en Turquie et au Brésil. Du coup, les relations de travail avec 25 000 collaborateurs de plus cesseront. Même si HSBC maintient au Brésil «une présence» pour ses clients institutionnels.

Dans la gestion de ses ressources humaines, la sixième firme du monde (selon le classement de 2012 du magazine américain Forbes) prendra également soin de délocaliser des milliers de postes dans des pays à faibles coûts et haute qualité de main-d’œuvre. Cette précaution permettrait d’économiser 4,5 à 5 milliards de dollars (3,7 à 4,7 milliards de francs) par an d’ici à 2017.

Accélération en Asie

Avant de permettre des économies, les restructurations génèrent toutefois des coûts. HSBC s’attend à ce que son plan grève de 3,5 à 4 milliards de francs, en tout, ses comptes 2015, 2016 et 2017.

Mais le grand chambardement annoncé chez HSBC n’obéit pas seulement au souci de limiter les coûts. Il s’agit en plus d’une profonde réorientation stratégique. L’établissement maintient ainsi la possibilité de délocaliser son siège. D’ici à la fin de l’année, la direction décidera en effet de quitter Londres ou d’y rester. Elle perçoit en effet comme une urgence toujours plus pressante d’échapper à une régulation de plus en plus contraignante.

HSBC compte de surcroît «accélérer ses investissements en Asie». Pour des raisons historiques, le groupe y est déjà très présent. La gestion d’actifs et les assurances redoublent en outre d’intérêt sur ce continent. «L’Asie devrait connaître une forte croissance et devenir le centre des échanges internationaux au cours des dix prochaines années», estime le directeur général de HSBC, Stuart Gulliver.

Et il s’agit plus précisément de l’Extrême-Orient. La banque se montrera ainsi de plus en plus active dans le sud de la Chine, aux Philippines, en Indonésie, en Malaisie et à Singapour.

Créé: 09.06.2015, 21h58

Faibles dans la lutte antiblanchiment

Lors des derniers incidents judiciaires liés à la marque HSBC, survenus la semaine dernière, deux éléments ont tout particulièrement retenu l’attention, qui concernent deux filiales distinctes.
Le jeudi 4 juin, lors d’une conférence de presse, le Ministère public genevois a présenté un accord mettant un terme à la procédure ouverte contre HSBC Private Bank (Suisse) SA en février. A cette occasion, le Parquet a évoqué des défaillances dans cet établissement en matière de lutte contre le blanchiment d’argent. Ces manquements auraient duré plusieurs années.

La banque genevoise a pour sa part fait valoir «une transformation radicale» et des mesures permettant d’éviter que ses services ne soient utilisés à des fins d’évasion fiscale et de blanchiment.
Outre-Atlantique, un rapport d’audit, sollicité par la justice, portait sur des difficultés de la filiale américaine de HSBC. Ses conclusions ont conduit le Département de la justice (DoJ) à manifester ses inquiétudes dans un document rendu public le 1er juin et dont notre confrère Le Temps s’est fait l’écho quatre jours plus tard: «Le manque de compréhension des mécanismes de blanchiment au sein de l’entreprise fait peser un risque sérieux à l’intégrité du système financier.»

P.RK

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