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NucléaireL'hypothèse du démantèlement d'Areva se précise

L'hypothèse d'un démantèlement d'Areva gagne du terrain alors qu'EDF a précisé son offre sur la division réacteurs du groupe nucléaire.

Areva.
Areva.
AFP

Si l'État, qui détient 86,5% d'Areva, affirme se donner encore un mois pour trancher, les prétendants à un rôle dans le redressement du groupe public en difficulté affûtent leurs offres.

L'énergéticien public EDF a remis ainsi vendredi aux dirigeants d'Areva une offre «indicative» - d'un peu plus de deux milliards d'euros, selon Les Échos - pour reprendre toute la division réacteurs du groupe. Une offre qui, si elle était acceptée par le gouvernement, signerait la fin du modèle intégré de l'ex-fleuron du nucléaire.

Areva a confirmé la réception d'une «lettre d'offre indicative», mais refuse de commenter le périmètre concerné ou le montant éventuel. EDF se refuse à tout commentaire.

La division réacteurs, baptisée Areva NP - pour «nuclear power -, regroupe la conception et la fabrication des équipements, mais aussi l'assemblage de combustible et les services aux réacteurs existants. Elle emploie environ 15.000 salariés, soit plus du tiers des effectifs du groupe.

En cas de rachat, EDF la placerait dans une filiale dédiée, dont il détiendrait la majorité, avait expliqué mardi son PDG, Jean-Bernard Lévy.

Contraint à des cessions mais réticent à se séparer de tout Areva NP, le spécialiste du nucléaire pousse plutôt pour un rapprochement limité à la mise en commun des équipes d'ingénieurs travaillant à la conception des nouveaux réacteurs (environ 1.200 personnes).

EDF-GDF se place

De son côté, Engie (ex GDF-Suez) pousse pour prendre une participation dans les services de maintenance a affirmé à plusieurs reprises ces derniers jours son ambition de participer à la recomposition de la filière nucléaire française.

L'activité de maintenance et de réparation des réacteurs - aux revenus réguliers et aux marges élevées - intéresse en particulier Engie, qui veut se développer dans les énergies non carbonées. Conscient qu'EDF mettrait son veto à voir son concurrent s'occuper de la maintenance de son parc de centrales en France, le groupe gazier jette son dévolu sur l'étranger.

»Il y a une partie des activités d'Areva notamment dans le domaine des services de maintenance nucléaire à l'international qui ferait un beau rapprochement avec les nôtres«, a déclaré samedi son PDG Gérard Mestrallet. Cela »pourrait être une prise de participation mais nous souhaitons qu'Areva reste impliqué«, a-t-il ajouté sur Europe 1.

Le groupe nucléaire a par ailleurs commencé à se désengager de l'éolien en créant une coentreprise avec l'espagnol Gamesa, et a affirmé avoir reçu »des marques d'intérêt« pour ses activités dans l'énergie solaire.

Le groupe nucléaire, dont les besoins de financement sont estimés à 7 milliards d'euros, selon une source citée par Les Échos, lorgne aussi du côté d'éventuels investisseurs chinois. La Chine, qui représentera la moitié de la croissance du marché du nucléaire au cours des prochaines années, est également désireuse d'acquérir les technologies qu'elle ne maîtrise pas encore dans ce domaine.

Investisseurs chinois?

Les groupes d'électricité China National Nuclear Corporation (CNNC) et China General Nuclear (CGN) pourraient ainsi prendre jusqu'à 10% du capital d'Areva NP, une fois racheté par EDF, selon des informations de presse.

»On peut bâtir avec les Chinois des coopérations dans ce domaine comme dans d'autres qui soient très performantes«, a indiqué une source gouvernementale à l'AFP.

Interrogé sur le sujet vendredi, le ministre de l'Économie Emmanuel Macron a souligné que la question des partenaires autres qu'EDF viendrait »dans un second temps«.

Le calendrier se précipite: le ministre des Finances Michel Sapin doit recevoir mercredi matin Philippe Varin, président d'Areva depuis janvier, et une réunion aura lieu le 3 juin à l'Élysée avec les ministres concernés, avant qu'un Conseil de politique nucléaire ne tranche début juillet.

Areva a accusé une perte nette de près de 5 milliards d'euros en 2014, en raison notamment d'importantes dépréciations d'actifs. Parallèlement aux réflexions sur son périmètre, il a engagé un plan d'économies qui pourrait se traduire par la suppression de 6000 postes dans le monde.

AFP

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