L'industrie du sport affiche une santé insolente

Profits Joueurs, équipes et droits de retransmission valent de l'or, en hockey sur glace comme en football. Les investisseurs du monde entier se jettent sur les clubs qui rapportent gros.

L’oligarque russe Roman Abramovitch possède le Chelsea Football Club depuis 2003.

L’oligarque russe Roman Abramovitch possède le Chelsea Football Club depuis 2003. Image: AFP

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Sportifs millionnaires contre patrons milliardaires: la lutte s’annonce musclée. Aux Etats-Unis, la ligue de hockey sur glace en fait actuellement l’expérience, comme le rapporte une enquête de The Economist. Les joueurs rejettent la diminution du pourcentage (de 57% à 47%) que leur verse la ligue sur ses recettes annuelles. Les propriétaires, eux, soutiennent que cette réduction reste le meilleur moyen de combattre les inégalités entre les différents clubs. Cet exemple est perçu comme un écho de l'explosion des intérêts financiers lié au secteur sportif. Une industrie où de plus en plus de magnats s'offrent des équipes pour s'amuser ou pour le prestige. The Economist cite le cas de l’oligarque russe Roman Abramovitch qui, depuis qu’il possède le Chelsea Football Club, «achète des joueurs vedettes comme on achète du café Starbucks: souvent, avec impatience, et sans trop regarder à la dépense».

Autre évolution: les droits de retransmission pour la télévision deviennent très rentables. Cinq milliards pour les droits de diffusion des championnats d’Angleterre 2013-2016, soit une progression de 71% par rapport aux tractations précédentes. Les droits étrangers coûteront certainement encore plus cher.

Les plus chères : Manchester United et Real Madrid

Seize milliards de dollars, c’est l’estimation des dix équipes les plus chères du monde selon Forbes, soit une hausse de 11% en une année. Les équipes de football Manchester United et Real Madrid mènent le classement, suivies par l’équipe de baseball des New York Yankees et les footballeurs des Dallas Cowboys.

Cet engouement pour l’industrie du sport atteint des sommets, surtout aux Etats-Unis: sur les cinquante équipes sportives classées par Forbes, 41 sont américaines. Une survalorisation que les plus critiques montrent du doigt. Les investisseurs américains, eux, se jettent sur le football anglais. Parmi les vingt équipes de Premier League, Aston Villa, Manchester United, Arsenal, Sunderland et Liverpool sont déjà détenues par des fortunes d’outre-Atlantique.

La concurrence des émirs

«Le problème pour ces Américains qui veulent maximiser leurs profits, c’est qu’ils doivent rivaliser avec des étrangers encore plus riches qu’eux et qui n’ont pas peur de perdre de l’argent», souligne The Economist. Et de citer Mansour bin Zayed al-Nahyan, membre de la famille royale d’Abu Dhabi, qui s’est offert Manchester City en 2008. Depuis, comme bon nombre d’émirs, le multimilliardaire enchaîne les acquisitions de joueurs.

La solution? Les investisseurs américains n’ont plus qu’à espérer que les nouvelles règles du «fair-play financier» introduites en Europe «freineront les dépenses extravagantes dans le secteur et instaureront de facto un plafond pour les salaires des joueurs».

Créé: 09.10.2012, 06h47

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