Le Japon retombe en récession

EconomieLe PIB de la troisième puissance économique mondiale recule de 0,2% au troisième trimestre.

Le produit intérieur brut japonais décroît pour le second trimestre consécutif, selon les estimations préliminaires publiées lundi. (Image 15 novembre 2015)

Le produit intérieur brut japonais décroît pour le second trimestre consécutif, selon les estimations préliminaires publiées lundi. (Image 15 novembre 2015) Image: Reuters

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Nouvelle récession au Japon, trois ans après l'avènement des «abenomics» Le Japon est retombé en récession, un an tout juste après un épisode similaire, nouveau revers pour le Premier ministre Shinzo Abe dont la stratégie «abenomics» lancée fin 2012 a échoué pour l'heure à stimuler l'économie.

Le produit intérieur brut (PIB) a reculé de 0,2% sur la période de juillet à septembre, après une contraction d'autant au deuxième trimestre, selon une estimation préliminaire publiée lundi par le gouvernement.

Les analystes interrogés par l'agence Bloomberg misaient sur un repli de 0,1%.

Principale cause de cette rechute, les entreprises ont continué à freiner leurs investissements non résidentiels (-1,3%, après -1,2%), signe de leur prudence face au ralentissement en Asie, en particulier en Chine, partenaire commercial majeur du Japon.

A l'arrêt

«L'économie réelle est à l'arrêt», a commenté pour l'AFP Taro Saito, économiste à l'institut de recherche NLI. «Les compagnies sont réticentes à investir malgré des bénéfices solides. Elles étaient déjà frileuses, mais les incertitudes sur la conjoncture internationale, Chine en tête, ont renforcé cette tendance négative», a-t-il estimé.

Dans ce contexte, elles ont choisi d'écouler leurs stocks, un déclin qui a apporté une contribution négative de 0,5 point à l'évolution du PIB.

Taro Saito note cependant des éléments semblant augurer d'un rebond: la consommation des ménages, en berne depuis un douloureux relèvement de TVA en avril 2014, s'est légèrement redressée (+0,5% sur un trimestre, contre -0,6% au deuxième trimestre).

Le commerce extérieur a par ailleurs influé positivement: bien qu'affectées par les turbulences dans les marchés émergents, les exportations, aidées par la dépréciation du yen vis-à-vis du dollar, ont affiché une hausse de 2,6%, tandis que les importations progressaient dans le même temps de 1,7%.

Le ministre de l'Economie, Akira Amari, a aussitôt relativisé ces statistiques, jugeant l'économie «sur la voie d'une reprise modérée» malgré «quelques faiblesses». «Les résultats des firmes sont à des niveaux records, le marché de l'emploi et les salaires s'améliorent», a-t-il énoncé dans un communiqué.

«Mesures d'urgence»

Le gouvernement va désormais s'atteler à préparer «des mesures d'urgence», a-t-il indiqué, sans toutefois confirmer la rallonge budgétaire d'un montant de 3.500 milliards de yens (26 milliards d'euros) évoquée dans la presse.

La pression va par ailleurs s'accroître sur la Banque du Japon (BoJ), qui se réunit mercredi et jeudi pour décider d'étendre ou non son programme de rachats d'actifs.

L'économiste Taro Saito juge pour sa part que les chiffres du PIB, globalement en ligne avec les attentes du marché, «auront peu d'impact sur la décision de la BoJ» qui devrait préférer attendre un peu avant d'éventuellement assouplir sa politique monétaire.

Son gouverneur Haruhiko Kuroda s'était dit prêt fin octobre à «procéder à des ajustements si nécessaire». «Je ne pense pas du tout qu'il y ait une limite à nos moyens d'action», avait-il assuré.

Pour les analystes, la priorité devrait être aux réformes structurelles, une des pièces maîtresses des «abenomics», qui font du surplace, fustigent d'aucuns.

Archipel Vieillissant

«Si la croissance au Japon est si faible, c'est en raison du déclin de la population», soulignait Paul Sheard, économiste en chef de l'agence d'évaluation financière Standard and Poor's, à l'occasion d'une récente visite à Tokyo. De fait, les grandes firmes préfèrent se tourner vers l'étranger plutôt que d'investir dans un archipel vieillissant.

Et le même de préconiser trois pistes de travail pour accroître la main d'oeuvre: «Attirer plus de femmes et plus de seniors, élever l'indice de fécondité (1,4 enfant par femme en 2013), et recourir à l'immigration.»

Si le Premier ministre conservateur Shinzo Abe reste hostile à une large ouverture de l'archipel aux étrangers, il a ces dernières semaines davantage mis l'accent sur cette problématique démographique, un tournant salué par les économistes qui attendent dorénavant des actes concrets.

Faute de quoi le rebond qui se profile en 2016 ne sera qu'un feu de paille, avertit M. Sheard, alors qu'est programmée une seconde hausse de taxe au printemps 2017. (afp/nxp)

Créé: 16.11.2015, 02h22

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