De jeunes pousses suisses tentent le «rêve américain»

Start-upVingt sociétés s’envoleront en juin en direction des Etats-Unis afin d’y accélérer leur développement.

Olivier Hamel, directeur général et cofondateur de Prodibi.

Olivier Hamel, directeur général et cofondateur de Prodibi. Image: DR

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Au mois de juin, vingt jeunes pousses sélectionnées par Venturelab, dont deux originaires de Genève et cinq du canton de Vaud (EPFL), décolleront pour les Etats-Unis. «Durant une semaine, dix s’envoleront pour Boston et dix pour New York avec l’objectif d’accélérer leur développement commercial sur le marché américain», précise Lara Rossi, porte-parole de Venturelab.

Sans remettre en cause cette expédition américaine aux avantages incontestables ni la nécessité pour nos start-up de se faire connaître à l’international, cette occasion est toutefois idéale pour (re)pointer du doigt un défaut majeur en Suisse: le manque très net de financements allant au-delà des 10 millions de francs. Malgré la présence de sociétés de capital-risque en Suisse – notamment du côté de Genève – ces dernières sont peu enclines à investir leur argent dans une des régions considérée pourtant comme l’une des plus innovantes au monde.

Paradoxalement, alors que les autorités s’impliquent de plus en plus dans la création de jeunes pousses, cette seconde étape de recherches de fonds plus conséquents y reste quasi inexistante. «Il y a un véritable manque d’ambition de la part des investisseurs locaux», regrettait à la fin de l’année dernière dans nos pages Jurgi Camblong, cofondateur et CEO de Sophia Genetics. Son entreprise, installée à Saint-Sulpice et qui fait pourtant partie des fleurons les plus prometteurs de l’arc lémanique, levait à ce moment 15 millions de dollars auprès de Marc Coucke, un richissime flamand.

Mesures des performances

«Je ne peux pas encore vous dire si l’herbe est plus verte ailleurs, mais elle ne l’est pas assez en Suisse», témoigne pour sa part Julien Moix, cofondateur de FieldWiz, une jeune pousse qui a élaboré un outil de mesures des performances sportives. Un avis partagé par Sergio Klinke, directeur d’exploitation de PB & B SA, start-up active dans la chirurgie esthétique: «Alors que l’Asie, le Moyen-Orient et les Etats-Unis prennent le risque d’investir dans les start-up, l’Europe, dont la Suisse, semble se reposer sur ses acquis.»

En début de semaine, Le Temps pointait du doigt le manque d’implication des caisses de pension suisses dans le soutien financier aux jeunes sociétés en comparaison internationale. La problématique fiscale suisse ou le faible niveau d’entrée en Bourse (et donc de retour sur investissement) sont également souvent cités comme cause du mal.

«Il y a surtout une approche philosophique, une vision entrepreneuriale très différente en Suisse», constate Bastien Bovy, l’un des coaches de Genilem dont la tâche est d’accompagner des sociétés durant leurs trois premières années d’existence. «En comparaison avec les Etats-Unis, les mentalités en Europe et en Suisse ont trop tendance à se focaliser sur le «break-even», ce moment-clé où la start-up devient bénéficiaire, et non pas sur la croissance pure réalisée par l’entreprise», rappelle encore Jurgi Camblong.

Maintenir une assise suisse

Malgré cela, à en croire les candidats participant au voyage du mois de juin, aucun d’entre eux ne semble vouloir renoncer à son assise suisse. Au contraire. «Nous voyons clairement notre implantation en Suisse, et à Genève en particulier, comme un avantage compétitif», assure Olivier Hamel, directeur général et cofondateur de Prodibi (photographie). Selon Julien Moix, les Suisses bénéficieraient d’une certaine crédibilité, notamment en ce qui concerne la qualité des produits: «L’avenir nous dira si c’est suffisant.»

Tous rappellent toutefois que leur futur dépendra de leurs capacités à s’établir hors des frontières helvétiques, aux Etats-Unis en particulier. «Je suis convaincu qu’il est fondamental de se projeter comme une société internationale dès le départ et donc d’avoir des avis sur nos produits provenant de l’étranger», prétend Andrea Maesani, cofondateur et CEO d’Intento SA, une start-up active dans la pharma. (24 heures)

Créé: 22.04.2016, 09h00

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