Avec le «jouet vidéo», le monde réel se digitalise

Economie du loisirDepuis mercredi et jusqu’à dimanche, le plus grand salon suisse du jouet présente les dernières nouveautés de la branche.

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À quelques mois de Noël, le jouet est la vedette d’un salon bernois ouvert jusqu’à dimanche. La plus grande manifestation suisse de la branche, qui accueille en moyenne 50 000 personnes, est surtout l’occasion de présenter les dernières nouveautés et les nouvelles grandes tendances en cours.

La plus flagrante concerne actuellement la convergence de plus en plus marquée entre le monde réel et le monde digital. «Etant donné les progrès rencontrés grâce à la miniaturisation des capteurs et celle des ordinateurs, cette évolution nous paraît naturelle», explique Matthias Sala, directeur et fondateur de la «Swiss game developers association», l’association faîtière des concepteurs de jeu vidéo suisse.

La parfaite représentation de cette interconnexion a été baptisée par les professionnels «jouet vidéo». Apparu en 2011, avec Skylanders d’Activision, ce petit objet a complètement brisé les barrières existantes entre le jouet physique et le jeu vidéo. En effet, les petites figurines en plastique commercialisées par l’éditeur peuvent, une fois placée sur un socle spécial, prendre vie au sein d’un jeu vidéo.

En quatre ans, le succès rencontré par cette digitalisation du monde réel est phénoménal. Selon les dernières estimations, Activision aurait dépassé les 250 millions de petites figurines vendues et les 3 milliards de dollars de recettes. Une poule aux œufs d’or qui a d’ailleurs vite séduit ses principaux concurrents: Nintendo, Disney et désormais Lego.

Le roi danois de la brique en plastique vient en effet de lancer Lego Dimensions. «La question a longtemps été de savoir quand Lego allait débarquer sur ce segment. Mais nous attendions d’avoir quelque chose d’original à proposer. Là, nous avons un jeu vidéo et en même temps une dimension concrète poussée puisqu’il faut fabriquer ses jouets», a expliqué à l’AFP, James Burgon, assistant de production pour TT Games, le studio qui a développé le jeu pour le groupe danois.

La Suisse ne reste d’ailleurs pas à l’écart de ce phénomène. «De nombreux développeurs locaux croient que rassembler les éléments de jeux numériques au monde réel est un grand avantage pour bénéficier d’une bonne expérience de jeu», assure Matthias Sala. Lors de la dernière Gamescom, le studio suisse Tourmaline présentait par exemple leur version de «jouet vidéo» inspiré par les figurines d’Activistion. Mais d’autres interactions entre les mondes réels et digitaux apparaissent peu à peu. Gbanga, un studio de jeu basé à Zurich met au point des jeux créant des interfaces utilisant notamment le GPS.

Avec les jeux «free to play» qui rapportent des milliards, tous les observateurs du marché s’accordent pour dire que le «jouet vidéo» possède un potentiel financier énorme et que la bataille pour s’y faire une place ne fait que commencer. Sous les sapins, quel qu’en soit l’éditeur, les petites figurines seront légion.

Créé: 03.10.2015, 09h50

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