Journée des femmes: des firmes britanniques avouent

InégalitésDe grandes sociétés du Royaume-Uni doivent assumer la responsabilité de discriminations salariales commises par leurs partenaires et autres sous-traitants.

La City, le quartier des affaires à Londres.

La City, le quartier des affaires à Londres. Image: Keystone

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Le 8 mars, en pleine Journée internationale de la femme, de grandes firmes britanniques passent aux aveux. La division «UK» du cabinet d’audit Deloitte doit ainsi reconnaître une différence de plus de 43% entre le salaire moyen de ses collaboratrices et celui de ses collaborateurs. Chez son confrère EY (Ernst & Young) l’écart entre les moyennes des deux genres atteint 38%.

Ces données sont intéressantes à plus d’un titre. Elles mettent d’abord en évidence la nécessité de grands efforts en matière d’équité. En second lieu elles démontrent la progression, depuis une dizaine d’années, d’un principe sur les marchés du travail occidentaux: les entreprises ne peuvent pas fermer les yeux sur les pratiques, voire les discriminations, que commettraient leurs partenaires et autres sous-traitants. Les cas de Deloitte et EY le confirment clairement en Grande-Bretagne.

Comme chaque année, ces deux entreprises ont en effet rempli les obligations légales en matière de transparence salariale. Le droit britannique contraint en effet les sociétés, employant plus de 250 personnes, de livrer aux autorités leurs données salariales, chaque printemps. Mais les chiffres fournis par Deloitte et EY ont suscité l’indignation parmi des membres des deux principaux partis du Royaume-Uni, les travaillistes et les conservateurs.

Presque 50% de moins

Du coup, même si ce n’était pas de gaieté de cœur, Deloitte et EY ont refait leurs calculs en intégrant les données salariales provenant de leurs partenaires. L’écart des salaires moyens entre hommes et femmes est ainsi passé de 18,2% à 43,2% au sein de la division «UK» de Deloitte. Chez EY, le même effort a fait passer le «gap» de 20% à 38%. «Nous avons écouté les appels adressés aux entreprises comme les nôtres. Nous nous sommes résolument engagés à assurer transparence et cohérence dans les références déterminant nos rapports sur les salaires des hommes et des femmes», relève David Sproul, directeur de Deloitte au Royaume-Uni, cité par l’agence d’information financière new-yorkaise Bloomberg.

Egalement manager chez Deloitte (Royaume-Uni), Emma Codd apporte une précision de plus sur le sens des calculs publiés: «Ils ne témoignent pas d’une in-équité dans les salaires, mais d’une réalité de notre entreprise. Ils rappellent en effet que nous n’avons pas assez de femmes assumant des fonctions dirigeantes.»

Les efforts de transparence sur les salaires, fournis par de grandes sociétés britanniques, ont conduit un établissement financier londonien de grande envergure, Barclay Plc, à se fendre lui aussi d’un aveu conséquent: sa banque de financement et d’investissement paie en moyenne son personnel féminin 48% de moins que son personnel masculin. (24 heures)

Créé: 08.03.2018, 12h09

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

L'actualité croquée par nos dessinateurs partie 6

Paru le 13 décembre.
(Image: Bénédicte) Plus...