Julius Bär compte réduire ses effectifs en 2019

BanqueLe groupe bancaire zurichois, qui a connu en 2018 une année difficile, a annoncé un «programme structurel de réductions des coûts».

Julius Baer va réduire ses effectifs de 2% d'ici fin 2019.

Julius Baer va réduire ses effectifs de 2% d'ici fin 2019. Image: Keystone

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Julius Bär a souffert en 2018, dans un contexte difficile sur les marchés financiers. La banque privée zurichoise a enregistré un bénéfice IFRS en hausse de 4% à 735 millions de francs et un afflux net d'argent de 17 milliards, des chiffres en deçà des prévisions. Elle va réduire ses effectifs de 2% d'ici fin 2019.

Le groupe zurichois annonce lundi, dans le cadre de la présentation de ses résultats annuels, un «programme structurel de réductions des coûts» (couplé à la poursuite des «investissements stratégiques») visant à économiser 100 millions de francs.

Julius Bär employait 6693 personnes équivalents plein temps (EPT) à fin 2018, ce qui signifie une réduction d'effectifs de quelque 130 à 140 personnes. Le groupe avait cependant engagé 400 collaborateurs entre fin 2017 et fin 2018.

Il s'agira de se concentrer sur certains marchés et d'allouer les ressources en fonction des priorités, précise le communiqué. L'impact de la réduction des effectifs se fera pleinement sentir sur le résultat financier en 2020. La banque est présente sur une cinquantaine de sites - dont Genève - de plus de 25 pays.

Cette cure d'amaigrissement, outre une allocation plus ciblée des moyens, sera rendue possible par des progrès dans la numérisation et l'automatisation et un management plus strict.

Ces efforts doivent permettre d'atteindre en 2020 un ratio coûts/revenus en dessous de 68%, le nouvel objectif à moyen terme défini, alors que le précédent faisait était d'une fourchette «entre 64 et 68%». Le nouvel objectif vaudra, précise l'établissement, «pour autant que les conditions de marché ne connaissent pas de dégradations supplémentaires importantes».

En outre, le but à moyen terme en matière de marge bénéficiaire brute ajustée avant impôts est réduit pour s'établir désormais entre 0,25 et 0,28%, contre plus de 0,30% jusqu'à présent.

«Riche défis»

«Julius Bär a bouclé l'année sur un bénéfice solide et un afflux robuste d'argent frais, dans un environnement riche en défis pour l'ensemble de la branche», relève lundi le directeur général Bernhard Hodler dans le communiqué accompagnant les résultats.

Bien qu'en deçà des attentes du consensus des analystes AWP, l'afflux net d'argent se situe dans la fourchette de hausse (4-6%) annuelle, en atteignant 4,5%. Les avoirs sous gestion (AuM) ont reculé de 4 milliards de francs ou 2% par rapport à 2017, pour s'établir 382 milliards, conséquence de l'évolution des marchés.

Le produit brut d'exploitation a crû de 4% à 3,37 milliards de francs, moins que la hausse mensuelle moyenne des avoirs sous gestion. Cela entraîne un recul de la marge brute de 4 points de base à 0,86%. Cette baisse est due à la moindre contribution issue des activités clientèle du gestionnaire de fortune italien Kairos, dont Julius Bär détient 100% depuis 2018.

Le produit des opérations de commissions et de services s'est contracté de 1% à 1,9 milliard de francs. Les revenus de courtage ont baissé de 6% en raison du fort recul du volume des transactions de la clientèle, dans un environnement de marché qui s'est détérioré au 2e semestre. Le produit des opérations d'intérêts et de dividendes a chuté de 7% à 919 millions de francs.

Les actionnaires se voient proposer un dividende de 1,50 franc, en hausse de 7% mais légèrement inférieur aux attentes. Le bénéfice ajusté attribuable aux actionnaires s'établit à 3,72%.

Le titre trébuche

La nominative Julius Bär était très chahutée lundi peu après l'ouverture de la Bourse suisse. Les résultats 2018 du groupe bancaire zurichois ont très largement déçu les prévisionnistes, en dépit d'une hausse modérée du résultat net.

Vers 9h25, l'action lâchait 3,3% à 38,25 francs et était la lanterne rouge dans un indice SMI dans le rouge (-0,33%).

Les commentaires des analystes étaient fort peu élogieux. Baader Helvea parle de déception et qualifie la performance annuelle de faible. La marge brute, le niveau du ratio coût-revenus et le bénéfice avant impôts sont pointés du doigt par l'analyste Tomasz Grzelak. Les objectifs à moyen terme sont «prudents».

Ces résultats devraient inciter les marchés à raboter leurs estimations, des abaissements qui ne devraient toutefois pas dépasser les 5% grâce au programme d'économies annoncé en matinée.

A la lumière de ces chiffres, les investisseurs devraient continuer malgré tout à déconsidérer le titre Julius Bär, selon le spécialiste.

Vontobel livre un commentaire assez neutre, se bornant à énumérer les indicateurs qui sont inférieurs aux attentes. Rare exception, le dividende est conforme aux prévisions de la banque zurichoise.

UBS relève que le deuxième semestre a déçu les attentes, avec un bénéfice net en chute de 18% sur un an à 330 millions de francs. La grande banque maintient cependant sa recommandation d'achat.

La Banque cantonale de Zurich (ZKB) ne mâche pas ses mots. «Les résultats sont décevants sur toute la ligne», écrit-elle. Certes, l'évolution négative pouvait être prévue après les ajustements communiqués après dix mois. Mais l'ampleur de l'impact est étonnante. L'établissement manifeste notamment sa déception quant à l'évolution des recettes, en baisse de 12% au deuxième semestre par rapport au premier. (ats/nxp)

Créé: 04.02.2019, 09h33

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