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GrèceLa justice ressaisie de l'affaire Novartis

Le parquet va ouvrir des poursuites pénales pour pots-de-vin versés à des hommes politiques par Novartis et pour blanchiment d'argent.

Novartis a indiqué coopérer avec les autorités grecques et américaines sur l'affaire.
Novartis a indiqué coopérer avec les autorités grecques et américaines sur l'affaire.
Keystone

Le parquet grec de corruption va être ressaisi de l'affaire des pots-de-vin présumés versés par le groupe pharmaceutique bâlois Novartis à une dizaine d'hommes politiques. Cette nouvelle étape fait suite à une décision de la majorité parlementaire.

La commission préliminaire d'enquête constituée par le Parlement fin février sur cette affaire a conclu jeudi soir ses travaux en demandant le retour du dossier à la justice, jugeant qu'une poursuite de la procédure parlementaire risquait d'entraîner une prescription, a indiqué vendredi une source judiciaire.

Cette position, avancée par les seuls députés de la majorité gouvernementale, alliant la gauche du Syriza et la droite souverainiste d'Anel, doit être prochainement formalisée lors d'un vote en assemblée plénière, a précisé le Parlement. L'opposition avait très vite quitté la commission dénonçant une opération politique. Le parquet va désormais ouvrir des poursuites pénales pour pots-de-vin versés et pour blanchiment d'argent, selon la même source.

Accusations rejetées par les politiciens

Le Parlement avait été saisi en vertu de la constitution grecque, après que des noms d'anciens chefs du gouvernement et ministres eurent été cités pendant l'instruction. Parmi ces responsables, désignés par des témoins protégés dans une enquête pour l'essentiel américaine, figurent l'ancien premier ministre conservateur Antonis Samaras, le commissaire européen aux Migrations Dimitris Avramopoulos et Yannis Stournaras, gouverneur de la Banque de Grèce.

Tous rejettent les accusations portées à leur encontre et plusieurs, dont MM. Stournaras et Avramopoulos, ont porté plainte pour diffamation.

Novartis coopère

La commission parlementaire devait décider de l'opportunité de lancer des poursuites dans le cadre de la procédure dite de «responsabilité des ministres», régulièrement dénoncée comme protégeant les responsables politiques fautifs, ou de retourner le dossier à la justice, solution qu'ils ont adoptée.

Le premier ministre Alexis Tsipras a présenté cette affaire comme emblématique de la corruption généralisée prévalant selon lui avant l'arrivée de la gauche au pouvoir. Novartis est soupçonné d'avoir versé entre 2006 et 2015 des pots-de-vin à des responsables politiques et à des médecins pour acquérir une position dominante sur le marché grec, et manipuler ses tarifs. Des estimations judiciaires portent à quelque 3 milliards d'euros (3,6 milliards de francs) les pertes pour les caisses publiques. Novartis a indiqué coopérer avec les autorités grecques et américaines sur l'affaire.

ats

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