Krach historique pour la place boursière suisse

Fin du taux plancherEn réaction à l’annonce de la BNS, l’indice vedette SMI s’est effondré jeudi, allant jusqu’à baisser de 13,75%.

Les chutes des principaux titres boursiers suisses étaient jeudi exceptionnelles et historiques.

Les chutes des principaux titres boursiers suisses étaient jeudi exceptionnelles et historiques. Image: Keystone

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La journée avait commencé plutôt calmement jeudi matin. Dans la nuit, les marchés asiatiques avaient clôturé à la hausse avec un Nikkei japonais montant de 1,86% et un SSE chinois grimpant même de 3,54%. Quant aux premiers échanges européens, ils s’effectuaient également dans le vert. A première vue, ce 15 janvier 2015 s’annonçait comme une bonne journée pour les marchés.

Jusqu’à 10h30, la Bourse suisse naviguait également dans le vert, avec une petite hausse oscillant entre 0,5 et 0,9%. Puis est tombée l’annonce de la Banque nationale suisse (BNS) et l’abolition du taux plancher entre le franc suisse et l’euro. En quelques minutes, un vent de panique s’est emparé de la Bourse suisse, qui s’est littéralement effondrée.

Selon un gérant d’une banque privée genevoise, cette (sur)réaction serait à attribuer aux investisseurs étrangers. Ces derniers auraient préféré «vendre leurs positions en actions (même à perte) afin de liquider leurs positions en francs et racheter le plus vite et le moins cher possible des euros». Une manière de compenser des pertes sur les actions par des gains gagnés sur les variations de taux de change entre les deux monnaies.

Au final, il n’en reste pas moins que les chutes des principaux titres boursiers suisses étaient jeudi exceptionnelles et historiques. Selon Yahoo Finance, en clôturant en baisse de 8,67%, le SMI a connu la troisième plus forte contraction de son histoire, derrière celle du 30 novembre 1988 (–10,23%) et du 16 octobre 1989 (–10,51%).

Jeudi, les principales victimes du jour étaient naturellement les entreprises exportatrices, soit les plus concernées par la fin du taux plancher. Mais même les titres, généralement jugés défensifs et donc très peu enclins à de fortes variations, ont sombré avec les autres. Seul Swisscom s’en est sorti en clôturant sur une petite hausse de 0,95%.


Vent de panique en Europe de l’Est

Si les principaux marchés européens sont restés insensibles, hier, aux aléas boursiers suisses, un même vent de panique s’est emparé des Bourses d’Europe de l’Est. Depuis des années, de nombreux ménages ont souscrit à des emprunts immobiliers en francs suisses et se trouvent pris au piège par la décision de la BNS de laisser le franc suisse s’apprécier. En Pologne cela concerne 700'000 familles qui ont fait face au décrochage de 20% du zloty face au franc. Dans ce pays, près de 40% des crédits immobiliers sont libellés en francs. Selon les experts, si la situation actuelle devait persister, la traite pour un crédit moyen de 300'000 zlotys (75'000 francs) augmentera de quelques 200-300 zlotys (75 francs) par mois. En Croatie, une association représentant des emprunteurs de crédits libellés en francs a demandé une réunion d’urgence avec le gouvernement, mettant en garde contre une «catastrophe».

En Autriche, les autorités monétaires se sont félicitées en revanche que Vienne ait interdit en 2008 les nouveaux emprunts en devises étrangères. En Hongrie également, le gouvernement s’est félicité que ses citoyens, dont beaucoup ont contracté des emprunts en francs suisses, soient protégés par la loi depuis quelques mois. A l’instigation du premier ministre Viktor Orban, le parlement hongrois a adopté en novembre un texte destiné à protéger les débiteurs en devises étrangères. Cette loi prévoit un taux de conversion fixe de 256,5 forints pour 1 franc suisse. Comme la plupart des autres devises, le forint a décroché jeudi de près de 30% par rapport au franc.

P-AL.S. avec agences (24 heures)

Créé: 16.01.2015, 08h21

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