A Las Vegas, le temple de l’électro vire au Salon de l’auto

Salon annuel CESLes constructeurs de voitures et leurs équipementiers sont au centre de la grand-messe mondiale de la «tech» qui ouvre mardi.

Les pare-brise en réalité augmentée, l’une des innovations récentes de l’automobile.

Les pare-brise en réalité augmentée, l’une des innovations récentes de l’automobile. Image: WAYRAY

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Les responsables de 4500 entreprises de la «tech» ont rejoint ce week-end Las Vegas des quatre coins du globe pour participer à la grand-messe du secteur, qui ouvre ce mardi. La portée du Consumer Electronics Show (CES) dépasse les seuls gadgets électroniques grand public. Les 175'000 visiteurs attendus resteront à l’affût des nouveaux produits LG, Samsung ou Sony, mais l’automobile sera plus que jamais au centre de l’événement, en raison de son basculement vers l’électrique et le pilotage automatique.

Une présence qui fait de la manifestation un véritable Salon de l’auto alternatif, menaçant les rendez-vous traditionnels du secteur, en particulier celui de Genève. Les organisateurs du CES, qui parlent d’un «Salon de Detroit sous turbo», offrent plus de 30'000 m2 d’espace «aux véhicules et à leurs technologies». À titre de comparaison, le Salon de l’auto genevois se déploie sur plus de 100'000 m2 à Palexpo, même si son nouvel espace «GIMS Tech», dédié aux «spécialistes des technologies de la mobilité», ne couvrira cette année que 2000 m2.

Nouveautés en série

À Las Vegas, Jeep devrait lever le voile sur les nouvelles versions hybrides rechargeables de ses 4x4 emblématiques, tandis que BMW présentera la nouvelle version de sa citadine tout électrique i3. Il est vrai que le marché californien, crucial, n’est pas loin. Ford ne sera pas en reste avec sa nouvelle Mustang Mach-E électrique et des surprises sont à attendre du côté de Honda et Toyota.

Dans l’ombre des grands constructeurs, les équipementiers – qui conçoivent des pans entiers des véhicules – débarquent également en masse. Le géant allemand Bosch doit notamment présenter, sur des voitures prêtes à partir en production, son système maison de capteurs laser Lidar. Jusque-là handicapés par leur coût, ces radars permettent aux véhicules autonomes de «voir» en cartographiant en 3D leur environnement.

Les petits sous-traitants à l'affût

Aux côtés des Bosch, Visteon et autres Aisin, une foule de petits sous-traitants espèrent faire mentir le slogan de la ville de tous les excès – selon lequel «ce qui se passe à Vegas reste à Vegas» – en ramenant des bénéfices concrets de cette folle semaine. C’est le cas de Wayray, entreprise suisse née en Russie, qui développe depuis huit ans une technologie d’affichage en réalité augmentée sur les pare-brise. Au CES pour la quatrième année de suite, elle y présentera la dernière amélioration de son système de projection holographique – des informations dans le cockpit en «couleurs réelles».

«Pour avoir toutes les couleurs il fallait maîtriser la projection, délicate, du laser bleu – outre le rouge et le vert», détaille Philippe Monnier, administrateur de cette société basée à Zurich. Afin de convaincre les constructeurs automobiles, mais également le secteur aéronautique, d’adopter son équipement – et de permettre son industrialisation – Wayray officialisera également dans le Nevada son partenariat avec le chimiste allemand Covestro. Ce dernier fabrique les films intégrés dans le pare-brise permettant la projection d’hologrammes.

Équiper les «plateformes»

Wayray, dont Porsche et Hyundai Motor figurent parmi les actionnaires, espère intégrer dans les deux ans une première version de son système à des véhicules de série – «probablement des voitures de sport», explique son administrateur. L’objectif principal reste d’être retenu pour équiper les «plateformes» des constructeurs généralistes, ces structures de base à partir desquelles peuvent être déclinées des dizaines de modèles. Récemment signée, sa coopération avec Bobcat pour l’équipement d’engins élévateurs fait figure de ballon d’essai pour la production en petite série.

La société, qui avait obtenu 80 millions de dollars de financements en 2018, va installer un centre technique et de production dans la région zurichoise à la fin de l’été et compte recruter plus d’une trentaine de spécialistes dans les deux ans.

Le fabricant vaudois de bornes de recharge pour véhicules électriques Green Motion avait aussi investi dans le déplacement à Las Vegas en 2019. Présence apparemment concluante, puisqu’il y retourne. Il doit y annoncer ce mercredi un partenariat clé avec une multinationale américaine.

Créé: 07.01.2020, 17h49

La tech helvétique avance groupée à Vegas

La technologie helvétique avance groupée à Las Vegas. Si les sociétés déjà établies ont les moyens de payer leur propre stand – à l’instar de WayRay ou de GreenMotion – une trentaine de start-up profiteront, cette année encore, de la présence d’un pavillon officiel de 270 m2 dédiée à la «Swiss Tech». Après les drones en 2019, l’accent est mis cette année sur «la technologie au service du corps et de la santé», précisait Nicolas Bideau, responsable de Présence Suisse, organisme chargé de promouvoir l’image du pays à l’étranger, dans «Le Matin Dimanche».

Mis en place avec l’agence de promotion économique Switzerland Global Enterprise, cet espace est situé dans une des onze halles occupées par le CES dans la ville, celle dédiée aux start-up. Le tarif des places sur le pavillon démarre à 7000 francs – pour deux sièges au comptoir commun. Y seront notamment présents les capteurs apposés sur la peau du lausannois Xsensio, les motorisations électriques sur mesure du genevois Shematic, la projection d’images pour les lunettes intelligentes mises au point sur le parc de l’EPFL par Creal, ou son voisin Global ID, spécialiste de l’identification biométrique grâce aux veines de nos doigts.

Difficile cependant de sortir du lot à Vegas, face aux voitures, aux nouveaux produits des marques grand public et à la déferlante de start-up. L’an dernier, la délégation française réunie sous la bannière «French Tech» avait fait venir 360 jeunes pousses. Quand aux PME chinoises et, bien sûr, américaines, elles se comptent par centaines.?

P.-A.SA.

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