Les leçons à tirer du congrès du siècle

Hôtellerie et accueilSi la conférence Sibos a été un succès, elle a aussi révélé des points faibles pour Genève.

Le salon international de la finance s'est tenu à Palexpo.

Le salon international de la finance s'est tenu à Palexpo. Image: Keystone

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Personne ne conteste le succès de Sibos, ce salon international de la finance qui s’est tenu en septembre à Genève. Il a réuni 8300 participants et généré entre 30 et 65 millions de francs de retombées économiques pour la région, selon les estimations. Mais lors de l’assemblée d’automne des hôteliers, lundi dernier, le conseiller d’Etat Pierre Maudet ne semble pas entièrement satisfait du bilan de la manifestation.

Il relève publiquement que «nous aurions peut-être pu faire mieux. Nous aurions en tout cas dû convaincre les organisateurs que nous pouvions tenir notre rang pour l’édition 2022. Je ne suis pas totalement certain que ça ait été le cas.» En effet, Genève n’a pas été reconduit. Le ministre de l’Economie va organiser des séances de travail en janvier 2017 pour «être certains que nous pouvons délivrer les prestations promises en temps et en heure. Nous avons une marge de progression.» Sibos n’a pas répondu à notre sollicitation, mais en interrogeant divers acteurs concernés par la manifestation, le malaise est palpable.

Un «manque d’emphase»

Le directeur général de Palexpo, Claude Membrez, résume: «L’organisateur de Sibos a l’impression de ne pas avoir été accueilli à sa juste valeur. C’est une histoire de psychologie, il est choyé dans le monde entier, ça crée des attentes élevées. Ils n’ont pas ressenti que nous faisions bloc pour les accueillir de la même façon à Palexpo, à l’Etat et dans les hôtels. On a manqué d’emphase.»

Une enquête de satisfaction est en cours auprès des délégués, assure Anja Loetscher, directrice du Bureau des congrès de Genève Tourisme. «Le premier retour que nous avons eu de l’organisateur est que le coût général de la destination est trop élevé, que ce soit les hôtels, les taxis, les restaurants.» Certains hôtels auraient notamment pratiqué des prix exorbitants par rapport à l’habitude. Il se murmure que des trois-étoiles ont frisé les 800 francs la nuit!

La capacité hôtelière est aussi mise en cause, certains hôtels n’ont pas mis à disposition les contingents auxquels les organisateurs de Sibos sont habitués. Dans une ville comme Singapour, les délégués peuvent se répartir entre quatre à cinq hôtels. A Genève, ils sont disséminés dans plusieurs dizaines d’établissements. Là encore, Anja Loetscher parle d’un frein psychologique. «Si on prend Istanbul, les délégués sont parfois logés en ville, mais à deux heures de trajet du centre de congrès. Ici, si on leur dit d’aller à Nyon ou à Lausanne, ils ne veulent pas, car c’est une autre ville, alors que c’est très proche. C’est une question de perception.» Même l’aéroport a été envahi. «J’ai reçu un appel de la tour de contrôle car il y avait trop de jets privés, ils ne savaient plus où les parquer.»

Une arrivée sans voitures

D’autres facteurs ont déplu, comme l’organisation de la Journée sans voiture le 25 septembre, veille de l’ouverture du congrès, donc jour des arrivées. «Officiellement personne ne s’est plaint, relève Claude Membrez, mais ça les a vexés.» La date avait été fixée au printemps par le Conseil d’Etat.

«Les partenaires de l’organisation ont exprimé des craintes à l’annonce de cette manifestation, principalement au niveau de l’accessibilité des hôtels, confirme Thomas Putallaz, porte-parole du Département des transports. Une séance d’information a été mise sur pied, des itinéraires spéciaux ont été mis en place à la satisfaction des hôteliers. Le jour-même, de nombreux congressistes ont été aperçus sur le pont du Mont-Blanc.»

Les drapeaux de la colère

Dernier regret: le délai pour obtenir l’autorisation de pavoiser le pont du Mont-Blanc. Une rumeur infondée évoque aussi la facturation peu appréciée de cette prestation. Pourtant, le Département de l’environnement urbain fait savoir que l’autorisation a été transmise à l’Etat le 23 juillet, soit deux mois avant le début de la manifestation. Et selon ses services, cette prestation a été délivrée gratuitement. Anja Loetscher le confirme. Mais soutient que l’obtention du feu vert pour hisser les drapeaux a été très longue, «une bonne année».

Les réflexions de 2017 devraient mettre les choses à plat. Genève a-t-il les yeux plus gros que le ventre? Veut-on continuer à attirer des mégacongrès alors que les ressources ne sont pas extensibles? Cette discussion doit avoir lieu.

Créé: 27.11.2016, 19h11

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