Après LinkedIn, Twitter suivra-t-il?

RachatMicrosoft s'est offert un réseau professionnel, d'autres réseaux sociaux suivront-ils?

Le réseau social a vu sa valeur en bourse s'apprécier.

Le réseau social a vu sa valeur en bourse s'apprécier. Image: Keystone

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Après l'acquisition à prix d'or de LinkedIn par Microsoft, Twitter pourrait bien être la prochaine cible d'un acquéreur à l'heure où les réseaux sociaux sont à la recherche d'axes de développement.

Microsoft a mis plus de 26 milliards de dollars (24,9 milliards de francs) sur la table pour acquérir LinkedIn, soit la somme la plus importante jamais payée pour un réseau social et la plus grosse acquisition de Microsoft à ce jour.

Les regards des investisseurs se sont immédiatement tournés vers Twitter dont l'action s'est, du coup, envolée de près de 10% entre lundi et mardi, même si elle reste en baisse de près de 75% par rapport à son sommet de 2013.

Modèle très différent

Twitter s'appuie sur un modèle très différent de celui de LinkedIn, mais l'opération a mis en lumière l'importance de sa fréquentation et ses capacités en matière de transmission d'informations.

Maintenant que LinkedIn est passé sous le contrôle de Microsoft, le groupe de Jack Dorsey est par ailleurs le plus important réseau social indépendant - hormis Facebook et ses rivaux chinois - qui pourrait être la cible d'une acquisition.

«Cela augmente la valeur de ceux qui restent, car il n'y en a pas beaucoup qui sont arrivés à atteindre une taille véritablement désirable», souligne Lou Kerner, fondateur du Social Internet Fund, qui investit dans ce secteur.

Mais il estime que LinkedIn est sur une pente ascendante alors que Twitter se bat toujours pour faire croître sa base de quelque 300 millions d'utilisateurs actifs dans le monde. Les acquéreurs potentiels de Twitter «regardent les produits qui peuvent favoriser leur croissance et n'ont pas besoin d'être complètement repensés», souligne-t-il.

Pas de croissance

Selon cet expert, «Twitter a la dimension nécessaire mais ce qu'il n'a pas c'est la croissance et il est donc une cible bien moins attirante que ne pouvait l'être LinkedIn».

Pour Patrick Moorhead de Moor Insights and Strategy, la montée du cours de Twitter ces derniers jours a surtout été assise sur la «sympathie des investisseurs». Mais il se dit sceptique devant «toute acquisition imminente» et ne pense pas que cela rende plus intéressant pour Apple ou Google d'acquérir un réseau social.

Pour Michael Pachter de Wedbush Securities, «LinkedIn est plus un système de recherche d'emplois, cela n'est pas du tout comme Twitter et je ne pense pas que cela signale une ruée pour acheter des réseaux sociaux».

Trip Chowdhry, analyste chez Global Equities Research, estime lui que l'acquisition de LinkedIn par Microsoft pourrait marquer la fin d'une bulle financière entourant les réseaux sociaux.

Fin de l'engouement

«Ce que cette acquisition signifie est que nous sommes à la fin de l'engouement pour les réseaux sociaux», juge-t-il. «Leur rythme de croissance va considérablement ralentir».

Selon lui, Microsoft tente de détourner l'attention des difficultés de son activité traditionnelle de systèmes opérationnels pour ordinateurs et la croissance de LinkedIn est déjà en train de s'essouffler.

Avec un nombre de membres estimé à 433 millions, LinkedIn a subi une perte financière de 46 millions de dollars sur le dernier trimestre et de 166 millions pour l'ensemble de 2015. Mais Microsoft a quand même décidé d'offrir deux fois plus que son cours de bourse pour l'acquérir.

«Quand deux entreprises en difficulté fusionnent, c'est un signal d'alerte pour le secteur», avertit M. Chowdhry et si «quelqu'un pense que le meilleur reste à venir pour les actions du secteur, il va être déçu».

«Dur retour à la réalité»

Pour ceux qui ne sont pas cotés, comme Snapchat et Pinterest, «il va y avoir un dur retour à la réalité, selon l'analyste, car le modèle opérationnel n'est pas viable.

«Twitter est un site très attirant pour les vedettes et les hommes politiques, mais il n'offre pas de valeur et n'attire pas le plus grand nombre», rappelle-t-il.

Il n'écarte pas toutefois une opération de rachat, car «il y a beaucoup de groupes qui veulent détourner l'attention des investisseurs de leurs problèmes fondamentaux». (ats/afp/nxp)

Créé: 15.06.2016, 10h16

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