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Les locataires profitent des taux d’intérêt négatifs, selon la BNS

Le président de la direction de la Banque nationale démasque les bénéficiaires de la taxe sur les avoirs à vue. Le président de l’Asloca s’insurge.

Carlo Sommaruga (à g.), président de l'Asloca, s'insurge contre les propos du président de la direction générale de la BNS, Thomas Jordan.
Carlo Sommaruga (à g.), président de l'Asloca, s'insurge contre les propos du président de la direction générale de la BNS, Thomas Jordan.
Keystone

Thomas Jordan, quinquagénaire mais toujours un peu jeune premier, président de la direction générale de la BNS (Banque nationale suisse) depuis bientôt huit ans, prend parfois le risque d’émouvoir les foules. Il vient ainsi de dresser une liste «des acteurs profitant de l’environnement des taux d’intérêt bas». Autrement dit des taux d’intérêt négatifs appliqués par la BNS, depuis près de cinq ans. Hôte d’honneur sur cette liste: les locataires. «Les locataires économisent beaucoup d’argent avec les taux d’intérêt bas», précise Thomas Jordan. Le président de l’Asloca (Association suisse des locataires), Carlo Sommaruga, ne décolère pas.

Bref rappel sur le nerf du sujet, si ce n’est celui de la guerre. Pour lutter contre le franc fort, la BNS a introduit un taux d’intérêt négatif à moins 0,25% en décembre 2014, avant de tripler la charge le mois suivant. Cette sorte de taxe est prélevée sur les avoirs à vue, placés sur les comptes de virement proposés par la BNS. La vocation de tels comptes est de rendre possibles des versements en liquide massifs et immédiats. Ces opérations permettent aux banques et aux caisses de pension de remplir au mieux leurs engagements. À commencer, pour les secondes, par le versement des retraites.

Thomas Jordan n’a certes pas eu l’aplomb de mentionner les banques ou les caisses de pension dans sa liste. Mais le Biennois n’en a pas moins provoqué l’ire de Carlo Sommaruga, président de l’Asloca, en évoquant les locataires: «Si la machine légale fonctionnait correctement, les loyers devraient baisser à chaque baisse des taux hypothécaires de référence. Mais, dans la réalité, ce n’est pas le cas. Chaque baisse des taux hypothécaires de référence profite aux bailleurs, car ceux-ci n’ajustent pas les loyers à la baisse. C’est une attitude contraire à la loi. A n’en pas douter, comme par le passé, lors d’une prochaine hausse des taux ces mêmes bailleurs ne manqueront pas, en revanche, d’adapter les loyers vers le haut. Cette attitude est choquante.»

«Les contribuables en profitent aussi»

Au-delà des locataires, le patron de la BNS ne manque pas d’évoquer, dans l’hebdomadaire zurichois «NZZ am Sonntag», l’intérêt pour tous les pouvoirs publics (Confédération, cantons et communes) de bénéficier d’emprunts bon marché, du fait de bas taux d’intérêt persistants. «Ce qui profite finalement aux contribuables», précise le Biennois.

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