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Le marché de la cybersécurité se dessine

De nombreuses sociétés se sont déplacées vendredi à Neuchâtel, où s’est tenu un colloque sur les criminels du Web, qui foisonnent.

Photo d'illustration.
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Keystone

Un grand nombre d’entreprises et de start-up ont fait le déplacement ce vendredi à Neuchâtel. Et pour cause, le Clusis, l’Association suisse de la sécurité de l’information, y a organisé un colloque sur la «lutte contre la cybercriminalité».

Ce terme vague – il n’a encore aucune définition précise – n’en reste pas moins à la mode. Le grand public prend gentiment conscience, suite à de récentes attaques véhiculées par les médias, qu’il y a un risque.

Marché porteur

Qui dit risque dit marché et, en Suisse, il pourrait être porteur. Dans les coulisses du séminaire, de nombreux professionnels du secteur se sont dits étonnés de voir à quel point les patrons helvétiques restent «naïfs» face à ces crimes. «On se soucie ici de respecter les règles sans se douter que dans d’autres pays l’espionnage économique fait quasiment partie des habitudes», selon un intervenant.

Les entreprises du bercail seraient comme nues face à la concurrence: «Pas besoin d’être un fantastique hacker pour contourner un pare-feu, espionner, voire voler des données sans être vu, si les systèmes de défense sont presque inexistants», souligne un autre connaisseur.

Manque à gagner de 200 millions de francs

Les attaques sont monnaie courante désormais. La criminalité économique en ligne aurait coûté 200 millions de francs en Suisse en 2014, selon le cabinet KPMG. A l’échelle mondiale, elle ferait perdre 445 milliards de dollars par an en termes de croissance et d’innovation, d’après le Center for Strategic and International Studies. Au Forum de Davos, ce type de criminalité s’est érigé en thème clé cet hiver.

Les agressions sont de nature variée: elles vont du vol de données à la demande de rançon en passant par les attaques par déni de service. Toujours plus, des Etats, des mafias ou des individus glissent des logiciels espions au sein d’ordinateurs en Suisse, sans qu’ils soient repérés, selon Mauro Vignati, responsable de la Cyber Unit de la Confédération.

Premières défenses

La contre-attaque est faible. L’Etat de Vaud a bien lancé un centre à Renens (dit «Security Operation System»). Il partage des informations avec les principales sociétés sur son territoire et bricole quelques services similaires pour les PME. Une vingtaine de personnes participent à la lutte étatique contre les cybercriminels dans ce canton; c’est plus qu’à Genève, mais insuffisant.

Les mesures internationales sont tout aussi inadéquates, estime Marco Obiso, coordinateur chargé de la cybersécurité à l’Union internationale des télécommunications, une organisation onusienne basée à Genève. Pour lutter, il faut selon lui développer une plate-forme de partage de connaissances sur les pirateries au sein d’une institution faîtière, qui pour l’instant n’existe pas.

De la place pour le privé

Le secteur privé tente du coup de se faire une place. Des entreprises comme Avancis, spécialisée dans la sécurité liée au commerce en ligne, Pélissier & Perroud, dans l’intelligence économique, Kaspersky, Palo Alto Networks ou Fortinet, qui développent des pare-feu, sont venues distribuer des cartes de visite à Neuchâtel.

La Suisse a d’excellents atouts pour inverser la situation, selon Enrico Vigano, président de Clusis: «Le haut savoir-faire, les infrastructures et des lois souples en termes de protection des données peuvent conduire des entreprises du sérail à faire face aux attaques en Suisse mais aussi à l’étranger, estime-t-il. Nous sommes dans une période de transition.»

Un pôle s’est déjà dessiné en matière de protection de données, alors que de nombreuses firmes sont venues s’installer dans différents cantons pour y construire des coffres-forts numériques.

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