Marissa Mayer, la chute de l’enfant chérie de la Valley

PortraitAussi contestée soit-elle dans son rôle de CEO de Yahoo!, personne ne remet en cause le fait que Marissa Mayer est d’une intelligence sans commune mesure.

Aussi contestée soit-elle dans son rôle de CEO de Yahoo!, personne ne remet en cause le fait que Marissa Mayer est d’une intelligence sans commune mesure.

Aussi contestée soit-elle dans son rôle de CEO de Yahoo!, personne ne remet en cause le fait que Marissa Mayer est d’une intelligence sans commune mesure. Image: AP

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Marissa Mayer. A la Silicon Valley, à Wall Street ainsi que dans l’ensemble des écosystèmes consacrés aux nouvelles technologies, son nom est connu de tous. Il faut dire que la planète Internet accuse cette jolie blonde originaire du Wisconsin d’avoir fait sombrer Yahoo!

Les derniers résultats trimestriels dévoilés dans la nuit de mardi à mercredi sont d’ailleurs de plus en plus désastreux, puisque la rentabilité du groupe est passée d’un bénéfice de 21 millions de dollars en 2015 à une perte de 99 millions en trois mois (lire ci-dessous). Mais qui se cache derrière le déclin de ce qui fut pendant longtemps la toute-puissante porte d’entrée du Web?

Un génie des maths

Aussi contestée soit-elle dans son rôle de CEO de Yahoo!, personne ne remet en cause le fait que Marissa Mayer est d’une intelligence sans commune mesure. Derrière son look à la Grace Kelly se cache en effet un véritable génie des maths et des sciences. A Wausau (Wisconsin), où elle est née en 1975, ses résultats scolaires étaient tels qu’ils lui ont ouvert les portes des universités les plus prestigieuses des Etats-Unis. Harvard, Yale, Duke (Caroline du Nord): toutes la voulaient.

Finalement, elle choisira Stanford pour se lancer en neurologie pédiatrique, avant de se réorienter vers l’informatique et s’ouvrir ainsi les portes de la Silicon Valley. A sa sortie de l’université, cette surdouée de 24 ans, qui a longtemps trouvé le temps d’accumuler des dizaines d’heures de ballet par semaine, reçoit une offre d’emploi de Google, alors une petite start-up inconnue d’une trentaine de personnes.

«Elle avait un éventail très large d’autres opportunités à sa sortie de Stanford. Elle a cependant choisi la plus risquée, puisqu’il y avait 98% de chances que Google fasse faillite à cette époque», raconte Nicolas Carlson, le journaliste de Business Insider. Celui-ci lui a consacré, début 2015, une biographie (Marissa Mayer and the Fight to Save Yahoo!).

Autre élément fondamental de sa vie: son goût immodéré pour le travail. Certains plaisantent d’ailleurs à ce sujet en assurant que Marissa Mayer a une énergie semblable à celle du lapin Duracell. Chez Google notamment, elle accumule les heures supplémentaires et les nuits blanches. Sa présence au bureau est telle qu’on la surnomme la «Googirl». «Elle n’établit aucune ligne distincte entre le travail et la maison. Son boulot fait partie intégrante de sa vie», témoignait en 2009 Zachary Bogue au moment de leur mariage.

A cette époque, malgré tous ses efforts, Marissa Mayer est écartée du comité opérationnel et se retrouve sur une voie de garage chez Google. Dans sa biographie, Nicolas Carlson attribue cette situation au retour de Larry Page à la tête du groupe en 2011, soit le fondateur de Google avec qui elle avait entretenu une liaison entre 2002 et 2005. Mais également à l’animosité croissante de certains ingénieurs à son égard.

Dans l’impasse, la proposition qui lui est faite d’être la nouvelle CEO de Yahoo! prend alors des airs de bouée de sauvetage professionnel. Malgré la difficulté connue du poste – en dix ans, la valeur de Yahoo! avait sombré de 128 à une vingtaine de milliards de dollars – Marissa Mayer l’accepte. La Silicon Valley s’est trouvé sa reine.

La charmante CEO n’est toutefois pas exempte de défauts. «Sa faiblesse est son incapacité à déléguer», raconte à son propos Craig Silverstein, l’ingénieur de Google qui lui avait donné sa chance à l’époque. C’est le cas chez Yahoo! où cette «adepte du micromanagement» veut tout comprendre, tout voir et surtout tout décider. «Elle souffre du syndrome de la Silicon Valley: elle est persuadée de détenir la vérité et a du mal à accepter la contradiction», témoignait récemment aux Echos l’un de ses anciens salariés.

Timidité maladive

Cette omniprésence dans tous les processus de décision cacherait en réalité une timidité maladive, timidité que son ascension ne serait parvenue à guérir. A Stanford déjà, sa vie sociale semblait relativement limitée. A l’aise face à une foule de plusieurs centaines de milliers de personnes, elle peinerait paradoxalement à soutenir un regard en tête-à-tête.

Désormais, celle qui fut l’enfant chérie de la Valley voit son trône lui échapper. Malgré tous ses efforts, Yahoo! continue de sombrer. Il y a fort à parier que cet échec n’empêchera pas Marissa Mayer de se maintenir dans le top 10 des femmes les plus influentes du monde.

Créé: 21.04.2016, 10h39

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