«Le Matin, victime de la surabondance de l'offre»

MédiasLe spécialiste des médias Philippe Amez-Droz exprime son point de vue sur la disparition de la version papier du quotidien orange.

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La disparition du Matin papier est la suite logique d'une surabondance de l'offre, estime le spécialiste des médias Philippe Amez-Droz. Mais la nouvelle formule 100% numérique préfigure un nouveau type de financement de contenus journalistiques, selon lui.

L'annonce de la disparition du journal papier Le Matin n'est pas anodine.

«C'est un acteur important de la vie des bistrots qui disparaît,» reconnaît le chercheur au Medialab de l'Université de Genève qui a vécu la belle époque de la presse de boulevard. Mais économiquement, il n'y a rien à redire.

Après l'échec du Matin du Soir, entièrement numérique et payant, les pertes à répétition du quotidien orange et la chute dramatique de la publicité dans le print, le sort de l'édition papier du Matin était scellé. «Tamedia a tout essayé. Je les crois», indique Philippe Amez-Droz.

Pour l'expert, il y a simplement trop d'offre. «La Suisse romande compte 15 titres pour 1,8 million d'habitants, contre un seul pour 8 millions d'habitants en région Rhône-Alpes», rappelle-t-il. On a de la peine à accepter cette réalité après tant d'années de luxe. Mais la réalité économique l'emporte.

Nouveau financement

Reste que l'éditeur alémanique a conservé la marque forte du Matin, un signe pour la suite des opérations sur le web. Philippe Amez-Droz est convaincu que le quotidien populaire va profiter de sa réputation pour chercher à innover en matière de financement.

Partenariats et parrainages dans les domaines du sport ou de la culture, «netadvertising», influenceurs: toutes les nouvelles tendances du marketing moderne devraient être utilisées comme nouvelles sources de revenus. «Le matin.ch a l'occasion d'explorer de nouveaux types de financement de contenus journalistiques», selon le chercheur.

Philippe Amez-Droz doute en effet que les rentrées publicitaires classiques suffisent à elles seules à faire vivre les 15 journalistes de la nouvelle rédaction du matin en ligne. Le quotidien 20 minutes - le seul gratuit national qui a réussi à se maintenir en Suisse - constitue en effet une concurrence bien trop grande. Grâce à sa position dominante, il siphonne à lui seul le marché publicitaire.

Pour Philipe Amez-Droz, les deux titres ne devraient cependant pas se faire du tort. Le quotidien orange continuera à opter pour une ligne éditoriale forte, avec sa tonalité propre. A l'inverse, 20 minutes devrait poursuivre sur sa ligne d'info-divertissement, avec des contenus générés par les utilisateurs et des vidéos, le tout ciblé pour un public jeune. (ats/nxp)

Créé: 07.06.2018, 16h16

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