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Les ménages ont payé au prix fort leur électricité

Les petits clients captifs ont versé, en dix ans, 4,3 milliards de plus que les gros consommateurs.

DR

Le 1er janvier 2019, cela fera dix ans que le marché de l’électricité a été libéralisé pour les gros clients qui consomment plus de 100'000 kilowattheures par an, en tête desquels les grandes entreprises. Ce faisant, ceux-ci peuvent choisir leur fournisseur et faire jouer la concurrence jusqu’à l’étranger. Pendant ce temps, les petits consommateurs – soit vous et moi – ont été contraints de se fournir auprès des quelque 650 distributeurs régionaux helvétiques, souvent en mains publiques. La chose est désormais appelée à changer, puisque Doris Leuthard, en charge du Département fédéral de l’environnement, des transports, de l’énergie et de la communication, a présenté en octobre dernier son projet d’ouverture complète du marché de l’électricité. «Concrètement, explique le DETEC, dès que les entreprises d’approvisionnement auront communiqué leurs tarifs pour l’année suivante – généralement en été –, les petits consommateurs pourront choisir librement leur fournisseur de courant en fin d’année.»

Même si le projet de loi est encore en procédure de consultation et que les débats promettent d’être chauds au parlement, ce qui repousse la date de cette libéralisation, la société alémanique de conseils Enerprice a calculé pour le compte de la "HandelsZeitung" ce que des prix régulés nous ont coûté ces dix dernières années. Le verdict est sans appel: pour la seule année 2018, les Suisses vont payer 900 millions de plus qu’un gros consommateur, soit plus de 100 francs par habitant (voir l’infographie ci-dessus). Si l’on remonte jusqu’au 1er janvier 2009, où le marché helvétique fut partiellement ouvert, ce surplus atteint carrément 4,3 milliards de francs. On constate même que le mégawattheure, libellé en euro à la Bourse européenne de l’électricité EPEX SPOT, a grimpé en 2015 pour le petit client final, au même moment où le prix du courant s’effondrait. Entre 2012 et 2016, le kilowattheure a ainsi longtemps oscillé autour des 8,5 centimes suisses pour les consommateurs captifs que nous sommes, alors qu’il avait plongé à 3,2 centimes sur le marché EPEX SPOT.

Pas de grosse baisse en vue

Cette semi-libéralisation avait pour but de couvrir les coûts de production de l’électricité helvétique et de maintenir à flot les barrages suisses, au prix de production trop élevé face à la concurrence. Mais, face à la reprise économique, les prix de l’électricité ont recommencé à grimper, retrouvant même leur niveau de 2009. Selon Richard Rogers, porte-parole d’Alpiq, cité par la "HandelsZeitung": «C’est une bonne chose pour nous, déclare-t-il. Cette hausse va nous profiter, comme nous avons dû souffrir lors des prix au plancher.» On le comprend. Ce que l’on comprend aussi, c’est que l’ouverture complète du marché va, pour le petit consommateur, se produire au pire moment et qu’il ne verra que très peu sa facture baisser.

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