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Migros essaie de fermer la porte à Alibaba

Le géant orange propose une mesure contre les paquets mal déclarés aux douanes en provenance de Chine. Dès qu'une proportion est atteinte, tous les colis sont renvoyés à l'expéditeur.

Alibaba est devenu le symbole des excès du commerce en ligne pour de nombreux détaillants en Suisse.
Alibaba est devenu le symbole des excès du commerce en ligne pour de nombreux détaillants en Suisse.
Keystone

Les affaires florissantes en Suisse des géants chinois du commerce en ligne comme Alibaba exaspèrent les détaillants locaux. Migros a décidé de hausser le ton avec une proposition qu'elle a envoyée dans une lettre à 300 politiciens et lobbyistes, révèle la Nordwestschweizdans son édition du mercredi 31 mai.

La politique du container réexpédié

Le géant orange propose tout simplement de regrouper dans un container tous les paquets en provenance de Chine. Dès qu'une certaine proportion est mal déclarée aux douanes, tout le container est alors renvoyé à la poste chinoise, explique le groupe dans sa lettre.

Migros se dit convaincu qu'une telle action serait plus efficace qu'une révision de la loi et qu'elle est même «inévitable à long terme». Le distributeur met en avant l'exemple du Brésil, qui pratique déjà la politique du container réexpédié si trop de paquets sont mal déclarés.

Aucune base légale

Ce geste symbolique n'a toutefois aucune chance d'être réalisé, puisque selon un porte-parole de l'Administration fédérale des douanes, cette action de provocation ne repose sur aucune base légale.

La problématique des paquets mal déclarés est un secret de polichinelle. Stefan Luginbühl, responsable des «colis, courriers et express» à La Poste, a reconnu que presque tous les paquets en provenance de Chine étaient mal déclarés, avec une valeur de marchandise trop basse. Le but consiste à échapper à la TVA et autres frais administratifs qui s'appliquent en Suisse dès que la valeur de l'envoi dépasse 62 francs.

Une concurrence avantagée

Migros s'inquiète surtout pour sa filiale Digitec Galaxus qui doit affronter une vive concurrence, pas toujours loyale puisque les commerçants chinois profitent du statut de pays en développement au sein de l'Union postale universelle (UPU). Car ils bénéficient de tarifs ultra-compétitifs dans les envois de colis. L'UPU a certes décidé de lever peu à peu ce privilège mais l'opération se fera par étapes durant plusieurs années.

D'ici là, des groupes comme Alibaba et ses filiales continueront de prospérer. Selon la société de conseil zurichoise Carpathia, spécialisée dans le commerce en ligne, Aliexpress a déjà doublé son chiffre d'affaires à 280 millions de francs en 2017.

Vers une nouvelle loi sur la TVA?

De nombreux espoirs reposent sur la révision de la loi sur la TVA, qui entrera en vigueur en 2019 en Suisse. Les sociétés chinoises de vente par correspondance dont le chiffre d'affaires dépasse les 100'000 francs seront dès lors imposables.

Toutefois, nul ne sait encore comment cette taxe sera perçue. Il se pourrait que les entreprises étrangères actives dans le commerce en ligne soient forcées de s'enregistrer en Suisse.

Plusieurs parlementaires ont déjà présenté leurs propositions à ce sujet. La conseillère nationale Tiana Moser (Vert Lib/ZH) propose dans un postulat que «toutes les entreprises de commerce en ligne puissent lutter à armes égales». Le Conseil fédéral a donné son accord et rédige actuellement un rapport avec des possibilités d'action.

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