Des milliards s'envolent des banques européennes

MenaceSelon un rapport pessimiste du FMI, les établissements en difficulté pourraient perdre jusqu'à 2000 milliards de capitaux privés. Le FMI est aussi critique à l'encontre de la BCE et des Etats sur le sauvetage de l'euro.

Le conseiller financier du FMI José Viñals (à gauche): «Les États-Unis et le Japon devraient entendre la leçon que leur donne la zone euro.»

Le conseiller financier du FMI José Viñals (à gauche): «Les États-Unis et le Japon devraient entendre la leçon que leur donne la zone euro.» Image: AFP

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Présenté ce mercredi à Tokyo, le rapport du Fonds monétaire international (FMI) est peu réjouissant. Depuis le début de la crise de l’euro, il y a près de trois ans, les banques des pays en difficulté assistent à une vaste fuite des capitaux privés. Une situation qui aggrave les tensions au sein de la zone euro.

Pendant les douze mois qui ont précédé juin 2012, 296 milliards d’euros ont déserté l’Espagne (soit 27% du PIB), 235 milliards ont quitté l’Italie (15% du PIB). Tandis que les investisseurs non résidents se désengagent, les épargnants font sortir leurs avoirs. Situation alarmante: les Grecs ont réduit de 30% leurs dépôts dans les banques du pays.

Parmi les mieux lotis, la France et la Belgique n’ont été amputées «que» de quelques dizaines de milliards d’euros, indique Le Figaro.

Selon les estimations du FMI, plus de 2000 milliards d’euros disparaîtraient des actifs des principales banques européennes si le phénomène prend de l’ampleur. Avec, comme conséquence, une contraction du crédit de 9% d’ici fin 2013 et un blocage de l’économie réelle, souligne Le Monde.

De la périphérie européenne, ces capitaux se réfugient dans des banques du centre de la zone euro. L’Allemagne, l’Autriche, la Finlande et les Pays-Bas ont vu leurs dépôts augmenter de 350 milliards d’euros depuis un an. Des proportions jugées «inédites».

Sauvetage à 1100 milliards

Pour le FMI, les dettes publiques de la zone euro demeurent «le principal risque» pour la stabilité financière mondiale, malgré les mesures prises depuis trois mois pour rassurer les marchés. Secourir la Grèce, l’Irlande, l’Italie, le Portugal et l’Espagne a coûté plus de 1100 milliards d’euros depuis décembre 2009.

La Banque centrale européenne (BCE), qui porte à bout de bras les banques de ces pays en difficulté, suscite des doutes de la part du FMI. Son programme de rachat illimité d’obligations publiques, annoncé début septembre, comporte des «risques importants».

En cause: les conditions qui seront exigées des pays bénéficiaires. Selon le FMI, bien que ce programme jouisse d’«une grande crédibilité, il fait face à d’importants risques liés à des facteurs politiques et à sa mise en application».

Etats-Unis et Japon doivent agir

L’Europe n’est pas la seule concernée. Le FMI pousse tous les gouvernements à prendre des mesures politiques «douloureuses» si cela s’avère nécessaire. Et avant tout, à agir au plus vite.

«Les Etats-Unis et le Japon devraient entendre la leçon que leur donne la zone euro, a souligné le conseiller financier du Fonds José Viñals, cité par Le Monde. En tardant à prendre les mesures nécessaires jusqu'à ce que les réactions des marchés les rendent inévitables, on s'expose à des turbulences financières et à des dommages économiques».

Avec des taux d’intérêt bas, ces deux pays vivent dans «un sentiment trompeur de sécurité». Les Etats-Unis doivent trouver une solution au plus vite pour réduire leur déficit budgétaire et leur dette. Quant au Japon, l’accumulation de sa dette publique dans les actifs bancaires pourrait à terme s’avérer dangereuse si les taux augmentaient.

Créé: 10.10.2012, 16h14

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