La mode se mobilise pour le climat

EnvironnementPlus d’une trentaine de géants du textile présentent leur «Fashion Pact» au G7 de Biarritz.

Les propriétaires de près de 150 marques s’engagent.

Les propriétaires de près de 150 marques s’engagent. Image: REUTERS

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En cette ère de grandes angoisses climatiques, de pollutions dévastatrices, la mode a dû se mettre sur son trente et un au sommet du G7 de Biarritz. Plus particulièrement vendredi et lundi, quand ce prestigieux sommet diplomatique, réunissant des représentants des États-Unis, du Royaume-Uni, du Canada, de la France, de l’Allemagne, de l’Italie et du Japon, sans oublier ceux du FMI (Fonds monétaire international), de l’ONU (Organisation des Nations Unies) et de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), ont abordé un point crucial: le «Fashion Pact».

Ce document constitue un engagement éthique de plus d’une trentaine d’entreprises de la mode, détenant près de 150 marques en tout. Des noms? À titre d’exemples, nous pouvons citer ceux d’Adidas, Nike, Puma, Chanel, H&M, Giorgio Armani, Karl Lagerfeld, Prada, Ralph Lauren ou Inditex, maison galicienne possédant des brands comme Zara, Massimo Dutti ou Bershka.

De telles griffes participent en première ligne à un chiffre d’affaires de plus de 1640 milliards de francs par an de la branche du textile. Et cette performance retient forcément une forte attention par les temps qui courent. La fabrication de tissus se trouve en effet à l’origine d’un dixième de toutes les émissions de C02 sur la planète, selon l’ONU. Elle surpasse ainsi celles des transports aérien et maritime réunis.

Et ce n’est qu’un début, si l’on en croit l’alerte donnée il y a deux ans par la Fondation Ellen Mac­Arthur. Faute de modification de ses propres pratiques, les émissions de gaz à effet de serre de l’industrie textile augmenteraient de 60% d’ici à à peine plus de dix ans. Bouclons dès lors la boucle en rappelant que le dioxyde de carbone (CO2) constitue le principal gaz à effet de serre (en quantité) produit par l’activité humaine. Soit près des trois quarts du total.

Des objectifs ambitieux

Les engagements des protagonistes du «Fashion Pact» visent différents objectifs ambitieux, à commencer par la protection des océans en supprimant, progressivement, le recours à des plastiques à usage unique. Un tel but devrait aussi interpeller une masse de consommateurs: à lui seul, le lavage de vêtements synthétiques générerait une pollution d’un volume de 500'000 tonnes de microfibres de plastique par an dans ces mêmes océans.

Citée dans le quotidien «Les Échos», la secrétaire d’État auprès du Ministère français de la transition écologique et solidaire, Brune Poirson, n’a pas tardé à annoncer à Biarritz les prolongations hexagonales déjà prévues du «Fashion Pact»: «Ces engagements devront ensuite se transcrire dans une législation. Ce sera le cas en France avec le projet de loi antigaspillage pour une économie circulaire. Celui-ci contient tout un volet sur les invendus textiles.»

Il est vrai que cette grande opération, associant les atouts du civisme à ceux des intérêts économiques, avait été lancée en mai déjà. Avec la complicité du président de la République française, Emmanuel Macron, et de François-Henri Pinault, président-directeur général du groupe Kering, numéro deux mondial du luxe et propriétaire de grands noms de la mode comme Gucci, Yves Saint Laurent ou Balenciaga.

Le chef de l’État avait sollicité l’homme d’affaires breton pour réaliser un projet, inscrit d’emblée dans le programme des principaux hôtes du G7 de Biarritz: réunir de grandes firmes du prêt-à-porter prêtes à s’engager ensemble pour la cause du développement durable et présenter un plan en ce sens.

Créé: 26.08.2019, 22h18

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