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EconomiesuisseMonika Rühl veut rapprocher politique et secteur privé

Le comité d'economiesuisse a confirmé vendredi l'élection de la nouvelle directrice. Elle veut jeter des ponts entre politique et secteur privé et contribuer à rapprocher le lobby des entrepreneurs des préoccupations sociales.

Monika Rühl se réjouit de ce nouveau défi.
Monika Rühl se réjouit de ce nouveau défi.
Keystone

L'actuelle secrétaire générale du Département fédéral de l'économie, de la formation et de la recherche (DEFR) de Johann Schneider-Ammann veut rendre plus terre à terre la Fédération des entreprises suisses.

«Mme Rühl a été plébiscitée ce matin», a déclaré vendredi le président d'economiesuisse Heinz Karrer devant la presse à Zurich. Aux côtés de l'ancien patron du groupe d'électricité Axpo, qui a repris le flambeau début février, Hans Hess, patron de Swissmem et vice-président du comité directeur, était chargé de dénicher la perle rare.

Membre de la direction du Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO), Monika Rühl, 50 ans, se réjouit de ce nouveau défi. «La décision n'allait pas de soi, lorsque economiesuisse m'a approchée», a-t-elle dit. Suite aux premiers contacts en janvier, la haut fonctionnaire a reçu le soutien de son patron, le ministre de l'économie.

Vendredi, Monika Rühl s'est défendue de «fuir» au moment où le SECO et le groupe industriel autrefois dirigé par Johann Schneider-Ammann sont sous le feu des projecteurs. Son entrée en fonction interviendra après la pause estivale, en raison du délai de résiliation de quatre mois, a précisé Heinz Karrer.

L'organisation patronale met ainsi fin au feuilleton de la succession de Pascal Gentinetta, poussé en juin vers la sortie après l'échec de la campagne contre l'initiative Minder. En décembre, son remplaçant Jean-Marc Hensch, 54 ans, a renoncé pour raisons de santé, trois semaines après sa désignation. Depuis, le chef économiste de l'organisation, Rudolf Minsch, assure l'intérim.

Se faire entendre

Pour Heinz Karrer, l'ancienne diplomate d'origine bernoise peut compter sur un excellent réseau et de «bons contacts» avec le Conseil fédéral. En dépit de son manque d'expérience du secteur privé, elle connaît les dossiers d'économie politique pertinents et les processus parlementaires, a-t-il réitéré.

Jeter des ponts entre politique et secteur privé, Mme Rühl en fait sa priorité. «On ne parle pas la même langue», a renchéri celle qui compte plus de vingt ans de carrière à l'administration fédérale. «Il importe de mieux faire entendre la voix d'economiesuisse à Berne et auprès de la population», a-t-elle soutenu.

La future directrice veut contribuer à rapprocher davantage le lobby des entrepreneurs helvétiques des préoccupations sociales. «Economiesuisse ne doit pas être considérée comme élitaire». Première femme à sa direction, Monika Rühl entend aussi encourager par l'exemple la participation féminine à l'avant-scène de l'économie.

A court terme, le plus gros défi sera la mise en œuvre de l'initiative contre l'immigration de masse, a-t-elle déclaré. Et de se dire «impressionnée avec quelle unité economiesuisse a pris position, même si cela n'a pas marché», a-t-elle assuré, insistant sur l'importance de la communication.

Redorer le blason

Jeudi, la presse relevait le profil méconnu de la candidate parmi les membres de l'organisation mais aussi du public, tandis que la fédération a le plus grand besoin de redorer son blason après douze mois de turbulences et de critiques. «Nous n'avons jamais été aussi unis et sommes du même avis sur plus de 80% des sujets», a martelé pour sa part Hans Hess.

Pour mémoire, les troubles ont commencé par les velléités séparatistes de la Fédération de l'industrie horlogère suisse (FH) en raison du manque de soutien dans le dossier du «Swiss Made». En mars dernier, le lobby souffrait un cuisant échec avec le oui populaire au texte de Thomas Minder contre les rémunérations abusives, malgré les gros moyens engagés. En août, le président, Rudolf Wehrli, jetait l'éponge moins d'un an après son entrée en fonction.

(ats)

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