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Monsanto, le fabricant du Roundup, s’appellera Bayer

Le rachat de Monsanto par le géant allemand ne menace pas les emplois sur le site de Morges à court terme.

Monsanto, dont le siège européen est situé à Morges, s'appellera désormais Bayer, du nom de son nouveau propriétaire.
Monsanto, dont le siège européen est situé à Morges, s'appellera désormais Bayer, du nom de son nouveau propriétaire.
Patrick Martin

Symbole des organismes génétiquement modifiés et des pesticides, Monsanto en tant que marque disparaît. Bayer, le géant pharmaceutique allemand qui a racheté l’entreprise américaine, l’a fait savoir lundi matin. Le communiqué de presse du nouveau propriétaire précise: «La nouvelle entreprise conservera le nom Bayer. Le nom d’entreprise Monsanto ne sera plus utilisé. Les produits conserveront leurs noms de marque et feront partie du portefeuille de Bayer.» Le célèbre herbicide Roundup continuera ainsi à être commercialisé sous ce nom par le nouveau propriétaire. Le rachat, qui sera bouclé le 7 juin, est valorisé environ 53,8 milliards d’euros (environ 61,42 milliards de francs).

Monsanto, confronté à de nombreuses manifestations d’organisations écologistes devant son siège européen à Morges (VD), ne souhaite pas s’exprimer sur la disparition de son nom. Du côté de Bayer, l’on est un peu plus bavard. «Comme Monsanto devient Bayer, il est normal que l’entreprise change de nom», estime Barbara Zimmermann, porte-parole de Bayer Suisse. «En outre, l’image de Bayer est meilleure et la réputation de Monsanto varie selon les régions», ajoute-t-elle.

Face aux nombreuses critiques, va-t-on assister à un changement de politique de l’entreprise? «C’est Bayer qui va déterminer les règles éthiques, mais il est encore trop tôt pour en préciser le contenu», affirme la porte-parole de Bayer Suisse.

Luigi D’Andrea, secrétaire exécutif de l’Alliance suisse pour une agriculture sans génie génétique, n’y croit pas du tout: «Ce changement de nom fait partie de la stratégie qui vise à faire oublier la mauvaise réputation de Monsanto, confronté à de nombreuses plaintes.» Le militant voit même d’un très mauvais œil cette fusion. «L’on assiste à une concentration du marché des semences, monopolisé par de grands groupes dont le seul but est de renforcer leur mainmise sur la diversité génétique en multipliant les brevets sur les variétés et d’augmenter les dividendes versés aux actionnaires. Ceci renforcera d’autant plus la dépendance des agriculteurs envers leurs produits et accélérera la perte de biodiversité agricole», s’emporte-t-il.

Incertitude quant à l’emploi

Tout rachat d’entreprise soulève la question de la pérennité des emplois et même de celle du site vaudois. «Nous ne prévoyons pas de changement dans un proche avenir.» Ce sont là les seuls mots exprimés par le service de communication de Monsanto. Quant au nouveau propriétaire, il se retranche derrière un devoir de réserve. «L’intégration de Monsanto au sein de Bayer commencera véritablement d’ici à deux mois environ. Avant cela, nous ne prendrons pas de décision quant au site de Morges», indique Tino Andresen, porte-parole de Bayer Global, dont le siège est situé à Leverkusen, en Allemagne.

Même si les emplois ne sont pas menacés à court terme, l’incertitude règne. D’autant plus que Monsanto avait déjà supprimé 75 postes sur 144 sur son site morgien il y a deux ans.

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