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Moscovici revoit à la baisse sa prévision de croissance

Le ministre français de l'Economie Pierre Moscovici a évoqué samedi une prévision de croissance plus faible qu'attendue.

Pierre Moscovici prévoyait une croissance de 0,1% en France.
Pierre Moscovici prévoyait une croissance de 0,1% en France.
Keystone

Le ministre de l'Economie Pierre Moscovici a estimé samedi que le produit intérieur brut du pays pourrait évoluer entre -0,1% et 0,1% en 2013, ce qui impliquerait que l'économie aborderait 2014 sans aucun élan.

Le gouvernement français tablait jusqu'à présent sur une modeste croissance de l'ordre de 0,1% de l'économie, déjà unanimement jugée par les économistes comme largement insuffisante pour faire régresser le chômage.

Dans l'entourage du ministre, l'on soulignait que la fourchette mentionnée par le ministre n'était qu'une «tendance» et que le chiffre définitif était encore susceptible d'évoluer d'ici son calage en septembre.

Reprise «amorcée»

En dépit de cette prévision négative, Pierre Moscovici a toutefois assuré que le pays était bien sorti de la récession. «L'économie française amorce une reprise qui doit être durable, de plus en plus forte et créatrice d'emplois», a-t-il souligné, interrogé par le quotidien Nice Matin.

«Ce qui est important, c'est que la tendance s'est inversée. Après deux trimestres de croissance négative, les deuxième et troisième trimestres 2013 renoueront avec une croissance positive», a-t-il pronostiqué. Il a noté que «tous les indicateurs s'amélioraient, à commencer par la production industrielle».

Le ministre a ajouté avoir «toutes les raisons de penser que 2014 serait la première année de croissance véritable depuis trois ans».

«Légère insolation»

Eric Woerth, ancien ministre UMP du Budget, a réagi de façon ironique, samedi sur i>Télé. Il a estimé que Pierre Moscovici devait souffrir d'«une légère insolation» pour avoir annoncé en même temps une révision à la baisse de la prévision de croissance et la fin de la récession.

La stagnation de l'économie cette année complique encore davantage la préparation du budget de l'année prochaine, puisqu'elle prive l'économie de tout acquis de croissance positif.

Pierre Moscovici a indiqué que le budget 2014, qui sera révélé dans quelques semaines, prévoirait une hausse des prélèvements obligatoires équivalant à 0,3% du produit intérieur brut. Ce dernier chiffre correspond à environ six milliards d'euros de recettes nouvelles à trouver, sur la base d'un PIB de 2032 milliards d'euros pour l'année 2012.

Economies et impôts

«Nous devons réduire les déficits légués par la droite, mais le faire à un rythme qui ne contrarie pas la croissance. Nous le ferons d'abord, comme le recommande le Fonds monétaire international (FMI), par des économies sur les dépenses publiques et, ensuite, par une hausse limitée des prélèvements obligatoires, de 0,3% du PIB, toujours dans la justice sociale», a poursuivi Pierre Moscovici.

Plusieurs indicateurs macroéconomiques donnaient mercredi les signaux d'un timide redémarrage économique au printemps et à l'été, sur lequel s'appuierait bien le gouvernement juste avant les débats houleux de la rentrée sur le budget 2014 ou les retraites.

Dans sa première prévision pour le 3e trimestre, la Banque de France a estimé mercredi que le PIB devrait poursuivre la molle lancée amorcée selon son pronostic au deuxième trimestre, en progressant de 0,1%, après 0,2%.

La plupart des économistes s'accordent, cependant, à dire que si proche de zéro, d'aussi faibles écarts, en positif ou en négatif, n'ont que peu de portées: l'activité économique devrait rester, en 2013, atone comme elle l'a été en 2012.

(ats)

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