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Neuvoo, le Trivago suisse de l’emploi, bientôt No 1 mondial

Basé à Lausanne et Montréal, ce site indexe les offres d’emploi de 77 pays. Il lève 40 millions de francs pour battre LinkedIn et Indeed.

Plus besoin de parcourir des dizaines de sites d'offres d'emploi: Neuvoo les rassemble pour vous.
Plus besoin de parcourir des dizaines de sites d'offres d'emploi: Neuvoo les rassemble pour vous.
VQH

Ce n’est pas un site d’offres d’emploi à proprement parler, du type Job Up ou Manpower. Neuvoo est un métamoteur de recherche qui joue à l’étage supérieur, à la manière de Trivago pour les hôtels, en agrégeant sur sa plateforme toutes les offres d’emploi qui paraissent sur les sites de 77 pays. Il peut s’agir de sites spécialisés, comme Job Up, d’annonces publiées par des entreprises sur leur propre page web ou d’offres relayées par des agences marketing qui œuvrent pour de grands groupes par exemple.

30 millions d'offres d'emploi

En tout, 30 millions d’offres d’emploi sont actuellement affichées sur Neuvoo.ch, en provenance de 77 pays, soit 90% de toutes les offres d’emploi publiées en ligne sur la planète. Neuvoo, créé il y a huit ans, connaît un succès fulgurant, se félicite l’un des trois cofondateurs, Maxime Droux, dans ses locaux de Lausanne: «Pour donner une idée, nous totalisons 70 millions de visites par mois, et Job Up 1,2 million. Je le dis sans déprécier celui-ci, qui est du reste l’un de nos clients, mais pour donner une échelle. Monster, l’un des très gros acteurs de ce secteur, est à 40 millions de visites par mois. Notre objectif est de 100 millions de visites en janvier 2020».

Le client paie au clic

Le principe est simple: l’indexation sur le site est gratuite, mais chaque fois qu’un candidat clique sur le lien d’un client (par exemple Manpower, ou la BCV), celui-ci reverse quelques centimes à Neuvoo. «Il peut acheter un abonnement prépayé, en quelque sorte, soit 4000 fr. pour un mois. Si nous redirigeons vers lui 8000 clients à 50 centimes le clic, il rentre dans ses fonds, mais s’il n’y a que 4000 clics, nous ne toucherons que 2000 fr.». En clair, c’est Neuvoo qui absorbe le risque. Le concept séduit. Lancée en 2011 au Québec, puis dès 2013 en Suisse, Neuvoo connaît une croissance à trois chiffres, pour atteindre les 56 millions de francs.

La Caisse de dépôt du Québec investit 40 millions de francs

Maxime Droux n’est pas le seul à être confiant: ce modèle de moteur de recherche, qui talonne LinkedIn et Indeed, a les faveurs des investisseurs. Le premier round pour une levée de fonds institutionnelle vient d’être bouclé, pour 53 millions de dollars canadiens (40 millions de francs). Et ce n’est pas un groupe spécialisé dans les nouvelles technologies qui a posé ce geste, mais… la Caisse de dépôt et placement du Québec. «Outre-Atlantique, les caisses sont beaucoup moins frileuses qu’en Europe, explique-t-il. Elles ne se contentent pas d’investir dans des obligations ou l’immobilier, mais osent diversifier leurs placements. En Suisse, les mentalités ne sont pas du tout les mêmes».

Investisseurs suisses encore trop timides

Les «business angels» existent bel et bien en Suisse pour des biotechs, des medtechs, mais, en règle générale, les investisseurs institutionnels sont encore trop absents, en partie à cause d’une réglementation très stricte en ce qui concerne les fonds de pension. Actuellement, Neuvoo emploie quelque 150 personnes, dont 20 à Lausanne, 50 à Montréal (siège pour l’Amérique du Nord), 50 en Colombie (développeurs). Mais l’entreprise grandit vite, et recrute entre 10 et 15 personnes par mois. Elle se fait connaître via des pubs en ligne (Google Ad), l’achat de trafic sur d’autres plateformes, des partenariats avec des sites qui redirigent les candidats chez elle, ainsi que de l’e-mail marketing. Ce sont près de 1,6 milliard de mails par mois qui sont envoyés, selon des critères remplis par les candidats (telle région, telle profession, tel salaire, etc.). «Plus nous indexons de clients, plus nous pouvons réinvestir dans la recherche et le développement, ainsi que, bientôt, dans des canaux publicitaires plus classiques.»

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