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SuisseNovartis va faire coter Alcon à Zurich et New York

Novartis conservera l'intégralité des produits pharmaceutiques d'Alcon, qui se concentrera sur les dispositifs chirurgicaux.

Comme Novartis n'a pas trouvé d'acquéreur pour Alcon, le groupe bâlois va placer sa filiale en bourse.
Comme Novartis n'a pas trouvé d'acquéreur pour Alcon, le groupe bâlois va placer sa filiale en bourse.

Novartis officialise vendredi son intention d'externaliser intégralement sa division ophtalmologique Alcon en l'introduisant en Bourse, à Zurich et à New York. La future société indépendante aura son siège en Suisse, tout en conservant une présence conséquente aux Etats-Unis. La concrétisation de ce plan doit déboucher sur la constitution d'une entreprise de plus de 20'000 employés.

Le mastodonte pharmaceutique bâlois conservera l'intégralité des produits pharmaceutiques d'Alcon, qui sera subséquemment concentré sur les dispositifs chirurgicaux et les soins oculaires. Les activités rapatriées ont représenté l'an dernier des revenus de 4,6 milliards de dollars (4,5 milliards de francs).

Elles comprennent de surcroît un produit expérimental contre la dégénérescence maculaire humide liée à l'âge et contre l'oedème maculaire diabétique, présenté comme un potentiel moteur de ventes (plus d'un milliard de dollars de revenus annuels).

L'opération devrait n'avoir aucun impact sur l'imposition de Novartis et sera soumise à l'approbation des actionnaires lors de l'assemblée générale de février 2019, précise le communiqué du laboratoire rhénan.

Mike Ball président

L'actuel patron de l'unité, Mike Ball, doit accéder à la présidence de la future entité indépendante, tandis que son responsable opérationnel (COO) David Endicott en reprendra la direction générale dès juillet. M. Ball quittera à cette date le comité exécutif de Novartis, pour se concentrer sur l'autonomisation d'Alcon.

Novartis annonce dans la foulée le lancement d'un programme de rachat d'action portant sur jusqu'à 5 milliards de dollars, dont l'exécution est agendée avant la fin de l'année prochaine. Le groupe pourra pour ce faire compter sur les généreuses liquidités découlant de la cession pour quelque 13 milliards de dollars de ses parts dans sa coentreprise avec GlaxoSmithKline (GSK) sur le segment des médicaments sans ordonnance.

L'éventualité d'une introduction d'Alcon en Bourse se précisait depuis le mois d'octobre dernier. La direction de Novartis avait alors profité de la présentation des résultats pour présenter un projet en ce sens, tout en temporisant sur l'emplacement du futur siège de l'entreprise ainsi que sur le choix de la place boursière devant accueillir la nouvelle cotation. Le groupe se refusait par ailleurs à annoncer toute décision avant le premier semestre de l'année prochaine.

La division ophtalmologique se trouvait sur le balan depuis longtemps déjà, confrontée à une panne de croissance et à des résultats jugés décevants. Novartis avait lancé début 2016 un vaste processus de remaniement d'Alcon, remplaçant son directeur général Jeff George par Mike Ball et rapatriant au sein de son propre portefeuille les médicaments ophtalmologiques de sa filiale.

Opération séduction

A l'aube de sa passation de pouvoir au profit de Vasant Narasimhan, l'ex-directeur général de Novartis Joseph Jimenez s'était félicité en janvier dernier d'avoir ramené Alcon sur les rails de la croissance. La nouvelle équipe de pilotage reconnaissait toutefois en mai devoir encore travailler à ramener la rentabilité à un niveau comparable à celui du reste du segment des dispositifs médicaux.

Alcon a généré en 2017 un chiffre d'affaires de plus de 6 milliards de dollars, pour un excédent d'exploitation hors exceptionnels de 857 millions, correspondant à une marge de quelque 14%. Les investissements consentis pour l'optimisation des performances de la division avaient néanmoins creusé le déficit opérationnel comptable à 190 millions de dollars, après une perte de 132 millions déjà en 2016.

Alcon avait rejoint le giron de Novartis en 2010 sous l'ère Daniel Vasella, qui chapeautait alors à la fois le conseil d'administration et la direction générale. Le colosse rhénan avait déboursé près de 40 milliards de francs pour reprendre par étapes la part majoritaire de 77% détenue jusque là par Nestlé.

ats

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