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PharmaNovartis se renforce dans l'oncologie

Le groupe bâlois va débourser 3,9 milliards de dollars pour l'entreprise française Advanced Accelerator Applications (AAA).

Bruno Strigini est le patron de l'oncologie chez Novartis
Bruno Strigini est le patron de l'oncologie chez Novartis
Screenshot Youtube

Novartis se renforce dans la médecine nucléaire moléculaire. Le géant pharmaceutique bâlois a fait une offre d'acquisition de la société Advanced Accelerator Applications (AAA), issue du CERN et active notamment dans la radiopharmaceutique pour l'oncologie.

Novartis a signé un protocole d'entente pour proposer de racheter 100% du capital de cette entreprise basée aux portes de Genève, à Saint-Genis-Pouilly, et cotée au Nasdaq de la Bourse américaine. Le groupe propose 41 dollars par action, ce qui valorise le laboratoire à 3,9 milliards de dollars (3,89 milliards de francs), a indiqué lundi le géant pharmaceutique rhénan.

L'opération doit être intégralement financée en liquide, par le biais d'un endettement sur le court et long terme. Les membres de la direction et du conseil d'administration d'AAA se sont d'ores et déjà engagés à présenter les titres qu'ils détiennent dans leur entreprise.

La société d'investissement spécialisée HBM Healthcare Investments détient pour sa part environ 14,8% du capital d'AAA, pour une valeur comptable de 164,1 millions de dollars en date du 15 octobre. En raison de l'offre de reprise, la valeur de l'investissement augmente de 31,9 millions de dollars, a précisé HBM dans un communiqué séparé.

Traitement différencié

AAA a obtenu en septembre l'avis favorable de l'Agence européenne des médicaments recommandant l'approbation du Lutathera pour les tumeurs neuro-endocrines gastro-entéro-pancréatiques. Les autorités américaines devraient donner leur appréciation le 26 janvier 2018.

Le Lutathera a démontré en étude de phase III une réduction de 79% du risque de progression de la maladie ou de décès chez les patients atteints de certaines formes de tumeurs endocriniennes gastro-entéro-pancréatiques, par rapport au standard thérapeutique antécédent, précise Novartis.

Le groupe bâlois dispose d'un fort héritage dans le développement et la commercialisation de médicaments pour les tumeurs neuro-endocrines, a déclaré Bruno Strigini, directeur général de la division oncologie de Novartis, cité dans le communiqué. Avec le Lutathera, on peut développer cette base avec une nouvelle approche de traitement différencié.

Issue du CERN

AAA a été fondée en 2002 par Stefano Buono en tant que spin-off du CERN. Elle a levé 172,2 millions de dollars à la Bourse américaine en 2016 pour soutenir son développement.

Les revenus d'AAA se sont montés l'an dernier à 109 millions d'euros (126 millions de francs). Outre le Lutathera, la société dispose d'outils de diagnostic tels le Netspot et le Somatokit Toc.

Elle possède actuellement de 21 sites de production et de recherche & développement. Elle emploie plus de 550 salariés dans 13 pays, dont la Suisse. Les bureaux de Genève accueillent les filiales AAA Suisse et AAA International.

Analystes partagés

A la Bourse suisse, l'action Novartis a ouvert en baisse pour se resaisir en fin de matinée et passer dans le vert, alors que le SMI restait dans le rouge. Les analystes, interrogés par awp se montrent partagés sur l'opération, certains la jugeant stratégiquement bien conçue alors que d'autres l'estiment onéreuse, voire inutile.

L'acquisition d'AAA illustre parfaitement l'accent exercé par Novartis sur le segment oncologique, reconnaît Vontobel dans un commentaire. La banque privée juge en revanche que sur la base des 195 millions de dollars de revenus estimés pour le laboratoire hexagonal en 2018, le prix à payer apparaît surfait.

UBS soupçonne pour sa part Novartis de vouloir avant tout faire main basse sur le Lutathera, fraîchement homologué en Europe et en cours d'examen aux Etats-Unis. Baader Helvea doute pour sa part que l'opération aura un quelconque impact sur la croissance de Novartis ou l'appréciation par les marchés financiers de la puissance de feu du colosse pharmaceutique en matière d'acquisitions.

ats

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