Obama ou Romney, pour l’économie suisse, c’est égal

Présidentielle américaine L’ère Obama a vu les relations commerciales entre la Suisse et les Etats-Unis s’intensifier. Ce progrès ne dépend pas de l’appartenance politique du président. Explications.

Même les pressions américaines en matière fiscale ne ternissent pas un bilan économique positif. Seuls quelques accords se font attendre.

Même les pressions américaines en matière fiscale ne ternissent pas un bilan économique positif. Seuls quelques accords se font attendre. Image: Keystone

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«Les Etats-Unis sont un partenaire économique très important», insiste Pascal Gentinetta, directeur d’economiessuisse. «Ces quatre dernières années, qui ont pourtant commencé dans le creux de la vague, ont vu le volume d’échanges légèrement augmenter», poursuit-il.

Au Secrétariat d’Etat à l’économie (SECO), Philippe Nell, en charge des relations économiques entre la Suisse et les pays du continent américain, confirme que la position commerciale s’est renforcée. Il rappelle notamment que les Etats-Unis sont le deuxième marché d’exportation pour la Suisse.

Processus freinés

A croire que les différends helvético-américains ne concernent que le domaine bancaire. S’il tient à différencier situations commerciale et bancaire, M. Nell n’en regrette pas moins le non aboutissement du cycle de Doha des négociations de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), initié en 2006. «J’aurais souhaité que cet accord multilatéral puisse être conclu, mais les Etats-Unis, le Brésil et l’Inde notamment ne sont pas prêts.»

L’accord bilatéral de libre-échange entre la Suisse et les Etats- Unis, souhaité depuis 2006, est également en suspens. Christa Markwalder, présidente du groupe parlementaire Suisse - Etats-Unis, esquisse toutefois une solution: «Lorsque l’Union européenne aura conclu son accord de libre-échange avec les Etats-Unis, peut-être la Suisse trouvera-t-elle un moyen de s’y associer».

Priorités non partagées

A propos de blocage, Eric Hess, du Secrétariat d’Etat aux questions financières internationales, remarque: «Les Etats-Unis n’ont pas encore ratifié le protocole additionnel à la convention contre les doubles impositions en matière d’impôts sur les revenus, signé en 2009. Le Sénat n’a pas encore trouvé le temps nécessaire pour discuter de ce protocole»

Concernant l’accord global sur la fiscalité, la Suisse attend une solution rapide pour les onze banques coincées dans le collimateur de la justice américaine. Cette priorité ne semble pas partagée par les Etats-Unis, selon Mme Markwalder, récemment en déplacement outre- Atlantique. Elle avoue que la période de campagne présidentielle n’est pas la meilleure pour obtenir une solution.

Une question d’image

En attendant cet accord global, fondamental pour l’ensemble des représentants des milieux économique et politique, la Suisse poursuit sa relation amour-haine avec Washington.

A moins que la jalousie ne s’en mêle? Daniel Warner, politologue à Genève, ne l’exclut pas: «La Suisse est une cible facile. Seul un pays ayant une mauvaise situation économique peut chercher des excuses comme le font les Etats-Unis. Ils pensent que la Suisse est un pays de comptes en banque, bénéficiant d’un important succès économique, et en éprouvent énormément de jalousie.»

Pascal Gentinetta et d’autres experts pensent plutôt que les deux pays partagent de grandes similitudes. La Suisse ne représente que 3% de l’économie américaine et 0,25% de sa place bancaire. Dans ce contexte, la question est de savoir si le choix du président représente un enjeu pour l’économie suisse.

Martin Naville, Directeur de la Chambre du commerce américano- suisse, ne le pense pas: «Romney ne serait pas plus souple en matière de fiscalité et envers la Suisse, comme on pourrait l’attendre d’un républicain. Notamment en raison des attaques dont il a été la cible pendant la campagne. Et s’il devait être élu, les démocrates prendraient la balle au bond pour affirmer que les républicains protègent les criminels». (ats/nxp)

Créé: 09.09.2012, 07h34

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