OMC: Schneider-Ammann pessimiste

Libre-échangePour le conseiller fédéral, une déclaration ministérielle ne «semble plus possible» à ce stade des discussions entre les Etats membres de l'OMC.

Johann Schneider-Ammann à la tribune de l'OMC. (11 décembre 2017)

Johann Schneider-Ammann à la tribune de l'OMC. (11 décembre 2017) Image: Keystone

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Les Etats membres de l'OMC, réunis à Buenos Aires, sont toujours dans l'impasse. Une déclaration ministérielle ne «semble plus possible», selon Johann Schneider-Ammann, qui a rencontré mardi un ministre brésilien pour parler du dossier AELE-Mercosur.

La présidente de la rencontre entre les 164 pays de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), Susana Malcorra, travaille à une déclaration ministérielle. Mais en raison du manque d'avancées après deux jours de discussions, ce scénario «ne semble plus possible», a dit à l'ats le conseiller fédéral.

Il répète que le plus important pour la Suisse est l'affirmation par les membres de la contribution de l'organisation jusqu'ici pour le commerce mondial. Selon lui, les divergences sont trop importantes. Une prolongation d'un ou deux jours, après mercredi, ne suffirait pas. Un simple document des conclusions de la présidente est plus probable, a-t-il ajouté.

Du côté de l'OMC aussi, l'analyse pour le moment n'est pas optimiste. «Il n'a pas été possible jusqu'ici de trouver une convergence» sur aucune des questions, a affirmé devant la presse le porte-parole de l'organisation.

Un texte a été soumis pour tenter d'obtenir un consensus sur la question de la détention des stocks publics agricoles qui est censée être réglée à Buenos Aires. La Suisse a apporté une contribution. Un Etat-membre au moins a dit catégoriquement ne pouvoir l'accepter et certains ne sont pas satisfaits.

Commerce électronique pas réglé

Pas de décision non plus pour le moment sur le renouvellement d'un moratoire de deux ans sur la taxation des transactions électroniques. Les discussions ont par ailleurs modifié les rencontres bilatérales prévues par M. Schneider-Ammann.

Parmi les ministres des Etats actifs du marché commun du sud de l'Amérique du Sud (Mercosur) avec lesquels il devait s'entretenir, le conseiller fédéral n'avait vu dans l'immédiat que le chef de la diplomatie brésilienne Aloysio Nunes. Il lui a fait part de la volonté de la Suisse «d'arrimer» l'Association européenne de libre-échange (AELE), dont elle fait partie, à un accord UE-Mercosur qui semble possible dans les prochains mois.

Sur le ton de la plaisanterie, il lui a même proposé de conclure avant le match contre le Brésil en juin prochain en Russie. Un calendrier qu'il ne peut toutefois afficher comme un objectif. «J'ai mentionné les difficultés dans le secteur de l'agriculture», a dit le chef du Département fédéral de l'économie, de la formation et de la recherche (DEFR).

M. Schneider-Ammann doit discuter avec des ministres argentin et paraguayen, rencontre décalée, mercredi. «Ils sont tous absorbés par les négociations avec le Mercosur», a-t-il dit devant la presse suisse.

Discussion sur l'Indonésie

Il a aussi rencontré mardi le ministre britannique du commerce Liam Fox pour aborder le Brexit. Son homologue, qui dans la matinée avait affirmé que la Grande-Bretagne respecterait ses obligations à l'OMC, s'est dit «convaincu» que la sortie de l'UE aboutira à «d'importantes opportunités» pour son pays.

M. Schneider-Ammann a aussi discuté pour la première fois avec son nouvel homologue indien du commerce Suresh Prabhu des négociations de libre-échange. Après une longue interruption en raison des revendications du secteur pharmaceutique sur la propriété intellectuelle, les discussions avec l'Inde ont repris. Les prochaines négociations sont prévues en janvier. Une conclusion en 2018 est «trop optimiste», selon M. Schneider-Ammann.

Avec le ministre indonésien de l'économie Darmin Nasution, il a dialogué de la question de l'huile de palme et du mode opératoire à trouver sur l'agriculture. La poursuite des négociations sur un accord de libre-échange avec ce pays sera décidée dans le cadre de la réunion du Forum économique mondial (WEF) à Davos en janvier. M. Schneider-Ammann a dit avoir «un meilleur sentiment» sur les discussions avec le Mercosur et l'Indonésie que sur l'Inde.

Des dizaines de millions d'Indonésiens supplémentaires vont faire partie de la classe moyenne dans les dix prochaines années. Les entreprises suisses doivent investir dans ce pays, estime le conseiller fédéral. (ats/nxp)

Créé: 13.12.2017, 01h55

Articles en relation

OMC: Suisse et États-Unis s'affrontent à distance

Argentine A Buenos Aires, Johann Schneider-Ammann a plaidé lundi en faveur de la préservation du système de plaintes lié au commerce mondial. L'Américain Robert Lighthizer désapprouve. Plus...

OMC: UE, Japon et USA pressent la Chine

Libre-échange L'UE, le Japon et les USA ont accusé la Chine de concurrence déloyale mardi, lors de la conférence de l'OMC. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.