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OMC: Suisse et États-Unis s'affrontent à distance

A Buenos Aires, Johann Schneider-Ammann a plaidé lundi en faveur de la préservation du système de plaintes lié au commerce mondial. L'Américain Robert Lighthizer désapprouve.

Lee conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann assiste à la ministérielle de l'OMC en Argentine.
Lee conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann assiste à la ministérielle de l'OMC en Argentine.
Keystone

Johann Schneider-Ammann a demandé à Buenos Aires aux autres pays de l'OMC de «préserver» le système de plaintes lié au commerce mondial, bloqué par les Etats-Unis. Washington a répondu que l'organisation perdait sa fonction «essentielle» pour devenir un tribunal mais a malgré tout rassuré le conseiller fédéral.

L'Organisation mondiale du commerce (OMC) «a besoin d'un mécanisme de règlement des litiges qui a le soutien de tous ses membres», a affirmé lundi M. Schneider-Ammann devant les 164 Etats à la ministérielle. Depuis plusieurs mois, les Etats-Unis s'opposent au renouvellement de trois juges d'appel de ce système. Un blocage qui pourrait menacer l'institution, selon certains.

«Une organisation de plaintes»

Très attendu, le représentant américain au commerce Robert Lighthizer s'est exprimé immédiatement après le chef du Département fédéral de l'économie, de la formation et de la recherche (DEFR). Il a précisé la charge menée par l'administration de Donald Trump contre l'institution.

L'OMC «est en train de perdre son attention essentielle sur la négociation» pour devenir «une organisation de plaintes». Certains pays utilisent le système pour obtenir des avantages «qu'ils ne pourraient jamais avoir» dans les discussions, a-t-il déploré. Alors même que les Etats-Unis sont parmi les pays qui bénéficient le plus de ce système.

Dans un réquisitoire contre l'OMC, toutefois «une organisation très importante» selon lui, M. Lighthizer a dénoncé les Etats riches qui se proclament toujours avec un statut de pays en développement, sans les nommer. Il a rejeté toute négociation sur de «nouvelles règles» dans l'immédiat. Tant que «beaucoup ne sont pas honorées», selon lui.

Coalition de dizaines de pays

Une intervention qui a rassuré malgré tout le conseiller fédéral. Les Etats-Unis ont montré «qu'ils sont engagés à contribuer» à l'organisation, a-t-il dit plus tard dans la soirée devant la presse suisse. «Cela n'était pas clair avant le discours», selon lui.

De son côté, le représentant chinois a mis en garde contre le protectionnisme en terme de commerce. Il a souligné qu'«aucun pays ne peut être couronné de succès» tout seul.

Dans une déclaration commune adoptée lundi, 45 pays dont la Suisse ont affiché leur préoccupation face aux «défis actuels» auxquels fait face l'OMC. Et la contribution du système multilatéral pour l'économie mondiale et le développement durable.

«Les tensions liées au commerce sont en augmentation», a admis le conseiller fédéral. Après deux précédentes ministérielles qui avaient abouti à des accords, aucune avancée majeure n'est attendue d'ici mercredi. «Des étapes» vers l'élimination des subventions à la surpêche constitueraient «un signal important pour le monde».

M. Schneider-Ammann a répété les questions prioritaires pour la Suisse comme le commerce électronique, la réduction des coûts pour les PME ou la facilitation des investissements. Des discussions aussi souhaitées par l'UE, a dit la commissaire européenne Cecilia Malmström.

Pas encore d'accord UE-Mercosur

Mais pas par l'Inde qui a affirmé qu'elle n'accepterait aucun accord qui ne prévoirait pas une solution permanente pour la détention de stocks agricoles publics. Berne «reste un soutien ferme d'avancées multilatérales, même en terme d'agriculture où elle a surtout des intérêts défensifs», a dit de son côté M. Schneider-Ammann.

La Suisse souhaite aussi que d'autres questions comme les services, la propriété intellectuelle ou encore l'environnement soient abordées par les membres. A défaut d'accords à Buenos Aires, elle appelle au moins à un programme de travail pour les deux prochaines années.

Par ailleurs, en marge des discussions, l'UE et le marché commun du sud de l'Amérique du sud (Mercosur) n'aboutiront pas à un accord de libre-échange en Argentine. Mais la menace pour l'économie suisse ne s'éloigne que de quelques jours.

Selon des sources concordantes, le président brésilien Michel Temer, présent dimanche à la cérémonie d'ouverture aux côtés des autres chefs d'Etat des membres actifs du Mercosur, a annoncé une déclaration politique lors du sommet du marché commun le 21 décembre à Brasilia.

Dimanche, le conseiller fédéral avait dit qu'en cas d'accord, l'Association européenne de libre-échange (AELE), dont fait partie la Suisse, devrait aboutir «le plus vite possible» à un même arrangement.

(ats)

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