L'ONU veut brancher le Sud au «e-commerce»

Sommet InternetUn millier de participants sont réunis à Genève par la CNUCED, afin d'éviter que la révolution numérique ne mue en un fossé.

Près de 1200 personnes participent au sommet du «E-commerce» organisé par l'ONU.

Près de 1200 personnes participent au sommet du «E-commerce» organisé par l'ONU. Image: KEYSTONE

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Le commerce en ligne débarque là où tout a commencé. Créée au milieu des années 60 afin de coordonner les négociations commerciales entre le Sud et les pays riches, la CNUCED réunit depuis lundi à Genève près de 1200 participants à son sommet du «E-commerce». Ces représentants de gouvernements, de pays donateurs, d'ONG et de fondations caritatives discuteront de la façon d'éviter que la révolution connue depuis vingt ans par tous les circuits commerciaux - les Anglo-Saxons parlent de «disruption» - ne marginalise un peu plus les pays pauvres.

Les représentants d'une centaine de pays - dont une trentaine en Afrique - se participeront à partir de mardi après-midi à un Groupe intergouvernemental d’experts sur l'économie numérique. Un forum qui réplique le programme «Going Digital» mis en place l'an dernier par les pays riches de l'OCDE, afin de permettre à leurs propres gouvernements de mieux accompagner la transformation numérique de leurs économie.

Google face au Sud

L'un des objectifs de la quatrième édition de cette «E-commerce week» reste de pouvoir ouvrir la voie à de nouveaux financements. «Les efforts des donateurs sont très loin de correspondre à l'importance et à la vitesse de la transformation en cours», prévient Torbjörn Fredriksson, responsable de la section d'analyse des technologies de l'information au sein de l'agence onusienne.

Message à destination des représentants de Google - sa fondation verse chaque année environ 200 millions de dollars de subventions - Apple, EBay ou AliBaba qui participeront à la conférence aux côtés de leurs homologues d'IndiaMarkt, de l'Amazon africain Jumia ou du méconnu Kapruka, premier site de commerce en ligne sri-lankais. Message à destination de l’Union européenne, dont moins du centième des 30 milliards d’euros d'aide est consacré au numérique.

La moitié de l'humanité exclue d'Internet

À l'heure où un pays comme la France vient de débloquer des milliards d'euros pour brancher ses zones rurales en lignes Internet très haut débit, les pays du Sud accumulent les retards, au risque de voir le fossé des inégalités s'élargir un prévient le spécialiste de la CNUCED.

Selon l’Union internationale des télécommunications, la moitié de la population mondiale n'utilise toujours par Internet. Et dans la cinquantaine de pays dits «les moins développés» - de l'Angola au Cambodge en passant par le Mali ou le Niger - seul un habitant sur six a accès au réseau.

Les besoins ne se limitent pas à de la fibre optique ou à des antennes relais. «Près d'une soixantaine de pays ne disposent d'aucune législation sur la protection des données individuelles, améliorer cette situation est urgent», prévient Torbjörn Fredriksson. Le but n'est pas seulement de protéger la vie privée des 420 millions d'utilisateurs de Facebook dans ces pays. Mais d'assurer que leurs entreprises «continueront de pouvoir commercer par exemple avec l’Union européenne, dont les exigences en la matière sont de plus en plus strictes», poursuit le spécialiste. Le temps presse. Ces directives européennes sont mises en place en mai prochain. (24 heures)

Créé: 16.04.2018, 17h26

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