Partie de poker menteur entre Casino et Carrefour

En l’espace de quelques heures, le potentiel rapprochement évoqué par Casino a rapidement été balayé par son concurrent.

Photo d'illustration

Photo d'illustration Image: DR

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Entre Casino et Carrefour, la semaine a démarré sur une étrange partie de poker menteur. Alors que le premier évoquait durant la nuit de dimanche à lundi avoir refusé, suite à une séance de son conseil d’administration, la proposition d’un rapprochement entre les deux géants, le second niait carrément, quelques heures plus tard, avoir émis une telle sollicitation. «Les difficultés auxquelles est confronté le groupe Casino ne peuvent justifier des communications intempestives, trompeuses et dénuées de tout fondement», s’offusquait la direction de Carrefour.

Cette passe d’armes entre les deux géants a laissé les marchés dubitatifs. «Je ne vois pas l’intérêt d’inventer un truc comme ça, ni de la part de Carrefour, qui n’a pas les moyens d’acquérir une telle cible, au capital complexe, ni de la part de Casino, qui venait tout juste de rassurer les marchés sur son financement», résumait un spécialiste de la grande distribution cité par l’AFP.

D’après plusieurs sources concordantes, une rencontre entre Jean-Charles Naouri (PDG de Casino) et Alexandre Bompard (PDG de Carrefour) aurait toutefois bel et bien eu lieu le 12 septembre dernier. Le but de la réunion aurait effectivement été de discuter de la possibilité d’un avenir commun. D’ailleurs, malgré le démenti de son concurrent, Casino n’est pas revenu en arrière sur ses propos, émis deux nuits plus tôt.

Considéré comme irréaliste par la plupart des observateurs, le scénario d’un rapprochement illustre par contre la période tumultueuse que vivent les deux grands distributeurs d’origine française. Du côté de Casino, la somme des dettes (3,7 milliards d’euros en France à fin 2017) est suffisamment alarmante pour que Standard and Poor’s abaisse d’un cran sa note. Casino bénéficie désormais d’un «BB» assorti d’une perspective négative.

Lors de la présentation de ses derniers résultats semestriels, Casino assurait vouloir réduire sa dette financière nette en France de l’ordre d’un milliard d’euros dès la fin de 2018. Le distributeur français est sur la bonne voie puisqu’il affichait au dernier semestre un bénéfice (en données ajustées) de 48 millions d’euros.

Tout autant impacté par la concurrence en ligne que Casino, Carrefour ne se porte pas beaucoup mieux. En plein programme de restructuration et de réduction de ses coûts, le distributeur, qui s’était retiré de Suisse en 2007, a enregistré une lourde perte au premier semestre, soit 861 millions d’euros.

Créé: 24.09.2018, 22h43

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.