Patrick Odier invite la Suisse à rester un pays d'accueil

InterviewNe fermons pas les yeux sur une telle détresse», dit le patron de Lombard Odier : «

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La publication des résultats de Lombard Odier au premier semestre était aussi l’occasion de reparler des liens étroits existants entre les banques privées genevoises et la cause humanitaire. Interview de Patrick Odier, associé-gérant senior de la banque et président de l’Association suisse des banquiers.

Que ressentez-vous en voyant la situation des réfugiés qui tentent au prix de leur vie d’atteindre l’Europe de l’Ouest?

– A titre personnel, je suis très ému par ce qui se passe. Je trouve que la Suisse doit rester un pays d’accueil de cette détresse internationale. Nous ne pouvons pas fermer les yeux en disant que cela ne nous concerne pas, que c’est une question uniquement européenne.

Que proposez-vous?

– Les acteurs économiques doivent pouvoir se mobiliser à un moment où la question de l’immigration se politise. Il faut s’assurer que la Suisse puisse poursuivre sa tradition humanitaire dans des périodes comme celle-ci. Comme c’est le cas avec l’aide en cas de catastrophe, la diplomatie suisse peut aussi s’engager et fournir une assistance technique pour venir en aide aux réfugiés sur place.

Et que répond à cette actualité l’associé-gérant senior de Lombard Odier?

– Nous réfléchissons comme acteur financier à des solutions qui peuvent avoir un impact sur certains de ces sujets. Il est illusoire de penser avoir une influence immédiatement. Mais l’ensemble de l’économie a un rôle à jouer. Notre établissement s’engage par exemple toujours plus dans la «finance durable».

Lombard Odier a aussi dévoilé hier des résultats. Avez-vous perdu des clients après leur avoir répercuté les taux négatifs?

– Non, au contraire, puisque nous avons enregistré une entrée nette de fonds dans chacun de nos trois lignes de métiers, que sont la gestion de fortune, la gestion institutionnelle et la mise à disposition de notre infrastructure pour des banques tierces. Et cela dans l’objectif de croissance fixé de 3% à 5% par an. Nous avons proposé avec succès à nos clients de réduire leurs liquidités pour diminuer leur exposition aux taux négatifs. Plus de la moitié de leur cash a été investie dans des produits mis à leur disposition.

Pourtant les actifs de la clientèle ont baissé. Pourquoi?

– C’est l’effet de l’appréciation du franc suisse contre les principales monnaies suite à l’abandon du taux plancher en janvier, sachant qu’une part significative de nos actifs sous gestion n’est pas libellée en franc suisse.

Comment jugez-vous vos coûts, qui semblent élevés?

– Ils sont en ligne avec nos objectifs. Nous nous trouvons toujours en phase d’investissements dans nos deux lignes de métier en plus de la gestion de fortune. Cela ne se fait pas du jour au lendemain et nécessite une bonne dizaine d’années dans la gestion institutionnelle, par exemple. Le ratio coûts/revenus baissera quand tout sera en place. Nous investissons aussi géographiquement, en Europe, en Asie, et aussi en Suisse. Nous allons par exemple inaugurer en septembre notre bureau de Zurich, qui est complètement transformé.

A ce propos, comment jugez-vous l’évolution de la gestion de fortune en Suisse?

– Nous nous définissons comme une banque de gestion de fortune internationale avec des racines suisses. Nous voulons couvrir au mieux les opportunités toujours très importantes qu’offre ce pays pour les clients privés. Le monde reste très changeant et les qualités intrinsèques de la Suisse vont continuer à être recherchées.

Vous ne partagez donc pas les conclusions d’une étude parue cette semaine?

– Les changements de conditions sont aussi propices à l’innovation. Je pense à ce titre que certains acteurs vont développer de nouvelles stratégies.

Créé: 29.08.2015, 08h41

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