Le patron de Vitol prévoit un baril en hausse de 50%

Or noirIan Taylor, PDG d’une firme de négoce à Genève, ne croit plus à un cours du pétrole à trois chiffres.

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Le président du directoire de Vitol Group, Ian Taylor, prévoit un cours du baril de pétrole entre 40 et 60 dollars: «Cette fourchette devrait s’établir durablement. Entre cinq et dix ans. Et, au second semestre de cette année, ce cours se situera probablement entre 45 et 50 dollars.»

Cité hier dans une dépêche de l’agence Bloomberg, ce patron d’une des trois plus grandes sociétés de négoce d’or noir dans le monde, domiciliée à Genève, devrait rassurer un grand nombre de producteurs. Leurs coûts d’extraction n’étaient parfois plus couverts par des cours du brut sur le déclin (voir infographie). Le 20 janvier au soir, le baril s’échangeait à 26,55 dollars à New York et à 27,88 dollars à Londres. Hier soir le baril de light sweet crude (WTI, coté à Wall Street) valait 30,21 dollars et le Brent de la mer du Nord (coté à Londres) 33,50 dollars.

Milliers d’emplois supprimés
«Il sera cependant difficile d’assister à une forte hausse», prévient déjà Ian Taylor. Le manager britannique doute d’ailleurs qu’un cours du brut à trois chiffres puisse une nouvelle fois apparaître sur le marché. Comme le vendredi 13 juin 2014, à 114,69 dollars le baril de Brent. A 144 dollars le 3 juillet 2008 ou à 128 dollars le 13 mars 2012.

Son collègue David Fransen, PDG de la filiale Vitol SA, à Genève, nous confiait lui-même récemment la grande difficulté de faire des prévisions en ce moment: «Je pense qu’à la fin de cette année, ou au début de la prochaine, il y aura moins de surcapacités et que les prix vont remonter. Mais sans doute pas au-delà de 50 dollars le baril. Cela dit, rien qu’au sein de chez Vitol, les avis diffèrent beaucoup à ce sujet d’un employé à l’autre.» Parfois même un peu entre top managers.

Une chose est sûre, l’effondrement des cours du brut depuis juin 2014 a déjà provoqué une sérieuse casse sociale sur les gisements d’un tout nouvel exportateur: les Etats-Unis, après quarante ans d’abstinence. Schlumberger Limited, le leader mondial des services parapétroliers, et les deux grandes firmes de forage Baker Hughes et Halliburton ont décidé de supprimer 17 000 postes de travail en tout sur leurs terres d’origine au cours du seul premier trimestre 2015.

Les inquiétudes de ces multinationales américaines, actives dans près d’une centaine de pays chacune, le désarroi d’entreprises locales de la même branche, souvent réparties entre le Texas, les deux Dakota, l’Alaska ou le Nouveau-Mexique, ont suscité de très vives inquiétudes en début d’années. Surtout lorsque des marchés asiatiques plongeaient au même moment.

Menaces aux Etats-Unis
«La moitié des producteurs américains de pétrole de schiste pourrait faire faillite avant que le marché du brut ait atteint son équilibre», indiquait Fadel Gheit, analyste financier et responsable du secteur gaz/pétrole chez Oppenheimer & Co, le lundi 11 janvier sur la chaîne CNBC. L’expert prévoyait en outre un marché du brut se stabilisant d’ici deux ans, avec un cours proche des 60 dollars.

Dans ce contexte, des angoisses de nouvelle crise financière, comme entre 2007 et 2009, ont surgi. Le mois dernier, il était souvent admis qu’environ 5400 milliards de dollars avaient été investis dans le «shale oil industry» (l’industrie du pétrole et du gaz de schiste). Des banques régionales se seraient exposées à ce secteur jusqu’à 99% de leurs fonds propres. Et certains de ses établissements sont de dimension systémique.

Créé: 08.02.2016, 21h07

L’essence à la colonne va augmenter

En dix-huit mois de chute des cours du brut, les automobilistes, les transporteurs routiers et aériens ont bénéficié de prix du carburant en forte baisse. Avant une prochaine hausse si l’on en croit les prévisions du président du directoire de Vitol Group.

L’année 2015 s’est terminée avec un litre d’essence sans plomb 95 octanes coûtant un peu plus de 1,40?franc. Telle a été l’issue d’un exercice en proie à de fortes variations. Le litre d’essence a grimpé jusqu’à 1,57 franc en juillet. Son prix a baissé jusqu’à 1,40 franc en février. Tout cela contre 1,72 franc en moyenne un an plus tôt. Les nostalgiques se souviendront de la décennie 1989-1999, avec des barils oscillant souvent entre 10 et 20?dollars. Ce régime avait généré un litre d’essence à 1,29 franc en moyenne en 1995 et 1,32 franc quatre ans plus tard.

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