Ces pays qui ne veulent plus de la monnaie unique

Eurosceptiques La Bulgarie, la Lituanie ou encore la Pologne rebroussent chemin: pas question d'intégrer une zone euro instable. De leur côté, certains membres envisagent la sortie sans tabou. Tour d'horizon.

La Bulgarie a décidé de ne pas intégrer la zone euro il y a quelques semaines.

La Bulgarie a décidé de ne pas intégrer la zone euro il y a quelques semaines. Image: AFP

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Il y a vingt ans, le traité de Maastricht, qui instaurait la monnaie unique, était signé. Dix ans après, l’euro commençait à circuler. L’acte fondateur de l’Union européenne connaîtrait aujourd'hui un autre sort, commente le Huffington Post.

Selon un sondage Ifop publié ce lundi par Le Figaro, les Français refuseraient aujourd'hui la signature de Maastricht à 64%. La monnaie unique? Un «handicap». Même son de cloche chez les Allemands qui sont 51% à penser que leur économie se porterait mieux sans l’euro.

Plombée par la crise de la dette, la zone euro, à l’époque tant convoitée, a perdu son attrait. Les candidats se retirent de la liste d’attente, tandis que certains membres commencent à regretter leur intégration.

Les pays de l’Est… moins pressés

La Bulgarie a dit non. «Je ne vois en ce moment aucun avantage lié à une entrée dans la zone euro, que des coûts. C’est trop risqué pour nous», a annoncé son ministre des finances Simeon Djankov au Wall Street Journal début septembre. Comparé aux États du sud en difficulté, le pays s’en sort plutôt bien. Ses réformes drastiques et la solidité de sa devise lui permettent de tourner le dos à la zone. Sans regret, pour l’instant.

Depuis que l’Estonie a rejoint l’euro en 2011, ses voisins baltiques trépignaient d’impatience de suivre son chemin. Aujourd’hui, silence radio du côté de la Lituanie et de la Lettonie. L’agenda «zone euro» est mis à l’arrêt. Les dirigeants de ces pays candidats guettent l’évolution de la crise et attendent une accalmie pour se prononcer.

Calendrier en suspens aussi pour la Pologne. Le pays à l’économie dynamique a renvoyé sa décision à plus tard, avec la bénédiction de l’opinion publique de moins en moins tentée par le grand saut. «Nous sommes prêts à adhérer à l’euro, quand vous aurez résolu vos problèmes», a décoché le ministre des finances polonais Jacek Rostowski.

Regrets des États membres ?

Au sein des États membres, la monnaie unique supplante tous les débats. Exemple aux Pays-Bas: la bataille entre europhiles et eurosceptiques qui a dominé les récentes législatives a accru l’exaspération des électeurs.

Pour certains membres, la sortie de la zone n’est plus taboue. La Finlande, par la voix de son ministre des affaires étrangères, a prévenu en août dernier qu’un «éclatement de la zone euro ne signifierait pas la fin de l’Union européenne, cela pourrait au contraire permettre à l’UE de mieux fonctionner». Il a ajouté que son pays a préparé «des plans pratiques pour faire face à toute éventualité».

Pour l’Autriche, les pays qui ne tiennent pas les objectifs budgétaires doivent prendre la porte. Son chef de la diplomatie soutient la mise en place d’un mécanisme qui permettrait d’expulser les cancres de la zone euro.

Les sondages sont éloquents en Italie aussi: mécontents des coupes budgétaires importantes, 56% de la population regrettent l’entrée du pays dans la zone euro. «Quitter l’euro ne serait pas un blasphème», a lancé en juin dernier l’ancien premier ministre Silvio Berlusconi, surfant sur la vague de l’indignation populaire.

Créé: 21.09.2012, 07h06

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