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Un pesticide de Syngenta tuerait des paysans en Inde

Une enquête révèle que des paysans indiens ont été intoxiqués par un insecticide fabriqué par Syngenta. L'entreprise conteste.

Un paysan répand du pesticide dans à champ à Yavatmal, en Inde.
Un paysan répand du pesticide dans à champ à Yavatmal, en Inde.
VQH

«Âgé de 42 ans, père de deux enfants, Bandu Sonule n’est plus.» D’après les conclusions inscrites dans le rapport d’autopsie, le paysan indien est décédé d’une intoxication dont la principale cause se résume en un seul mot: pesticide.

Dans le district de Yavatmal (Inde), l’histoire de Bandu Sonule est loin d’être unique. Comme le dénonce Public Eye (ex-Déclaration de Berne) dans une enquête retentissante, sur les 800 agriculteurs intoxiqués après avoir épandu des pesticides sur leurs champs de coton, une vingtaine d’entre eux sont morts entre les mois de juillet et octobre 2017. Quant aux survivants, ils souffriraient pour la plupart de séquelles graves.

Un insecticide particulièrement dangereux serait notamment mis en cause dans cette affaire, selon les recherches menées par l’ONG suisse. Il porte d’ailleurs un nom bien connu: le Polo. «Derrière ce nom sympathique se cache le diafenthiuron, soit l’un des 40 pesticides de Syngenta classés comme «extrêmement dangereux» par le réseau international Pesticide Action Network», indique l’association.

Syngenta conteste

En Inde, L’Etat aurait annoncé l’ouverture d’une enquête contre Syngenta pour «homicide volontaire». Des faits que l'entreprise suisse conteste. «Il est vrai qu'au début les autorités étaient suspicieuses à notre égard. Mais nous avons tout de suite travaillé en étroite collaboration avec l'administration du district pour assurer la mise à disposition d'équipements de protection, dispenser les formations et fournir des traitements médicaux aux personnes touchées», explique au NouvellisteRoman Mazzotta. Le chef de Syngenta Suisse évoque ainsi un contexte particulier et des fermiers non initiés à utiliser de tels produits.

Tout en pointant du doigt l’entreprise suisse, rachetée 43 milliards de dollars par ChemChina, Public Eye dénonce le fait que ce diafenthiuron est produit à Monthey, en Valais. D’après l’ONG, en 2017, la Suisse en aurait exporté 126,5 tonnes, dont 75 tonnes rien qu’en direction de l’Inde. Des données que Roman Mazzotta conteste à nouveau. Ce dernier assure que le fameux Polo n'est plus fabriqué en Suisse depuis 2016, mais sous-traité à l'étranger.

Stopper l'exportation de pesticide

Public Eye estime que ce dossier indien est un signe que Berne doit mettre «un terme à cette politique de deux poids, deux mesures et donc interdire l’exportation des pesticides interdits en Suisse en raison de leurs effets sur la santé de l’être humain ou sur l’environnement».

Une motion a d’ailleurs été déposée au parlement dans ce sens à la fin de l’année dernière par la conseillère nationale Lisa Mazzone (Les Verts/GE). Cosignée par 41 parlementaires de tous bords politiques, elle devrait être débattue à Berne au plus tard en 2019.

Cette affaire indienne permet également à Public Eye de rappeler les enjeux liés à l’initiative pour des multinationales responsables. «Elle permettrait de prévenir de tels drames», estime l’ONG suisse. Des scandales qui se poursuivent par ailleurs. L’association indique que depuis le début de 2018, 84 nouveaux cas d’empoisonnement aux pesticides ont été traités à l’hôpital de Yavatmal, dont un s’est terminé par un décès.

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