Peter Brabeck d'accord avec la décision de la BNS

NestléLe président de Nestlé Peter Brabeck est en accord avec la décision de la Banque nationale suisse (BNS) d'abolir le taux plancher de l'euro. Il l'a dit lors de l'assemblée générale du géant alimentaire suisse.

Le président de Nestlé Peter Brabeck a l'estrade lors de l'assemblée générale de Nestlé.

Le président de Nestlé Peter Brabeck a l'estrade lors de l'assemblée générale de Nestlé.

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Le président de Nestlé Peter Brabeck a affirmé ce jeudi 16 avril, lors de l'assemblée générale du groupe, qu'un cours fixé par une banque centrale et non par le marché ne correspond pas à une économie leader dans le monde et s'avère insoutenable.

«Bien sûr, cela ne veut pas dire que Nestlé ne soit pas affecté, ni concerné par cette décision», a déclaré le président du conseil d'administration du géant alimentaire vaudois dans son discours devant les 2246 actionnaires présents à Lausanne (représentant 52,7% du capital). Le chiffre d'affaires exprimé en francs a notamment été touché.

«Pour cette raison, quelques entreprises suisses ont choisi de consolider leurs comptes en dollars américains», a poursuivi Peter Brabeck. «Mais Nestlé reste avec le franc suisse».

De par la diversification géographique de ses activités, les conséquences opérationnelles pour Nestlé sont certainement moins incisives que pour d'autres entreprises helvétiques, a toutefois admis le président du groupe vaudois. En effet, environ 90% de la production globale est vendue localement et la Suisse ne représente qu'à peine 2% du chiffre d'affaires.

L'impact sur les marges opérationnelles est légèrement moindre, mais affecte le résultat consolidé sans que le management ait la possibilité d'intervenir, a précisé le président du groupe. «C'est pour cette raison que le 'modèle Nestlé' d'une croissance de 5 à 6% avec une amélioration des marges opérationnelles est basé sur des taux de change constants».

Impact local

En revanche, les effets de l'ajustement du taux de change ont un impact immédiat et important sur les exportations de produits fabriqués en Suisse, ainsi que sur les coûts locaux, a souligné Peter Brabeck. Ceux-ci incluent les structures régionales et les sièges mondiaux des sociétés établies dans le pays, ainsi que le siège du groupe.

Pour faire face à cette situation, le président du conseil d'administration s'est dit «impressionné» par le pragmatisme et la souplesse des acteurs économiques helvétiques, les entreprises et les partenaires sociaux en premier lieu. «Cela témoigne de la force inhérente du tissu économique suisse.»

A court terme, Peter Brabeck a estimé que l'appréciation du franc est «certainement un grand problème», spécialement pour l'industrie exportatrice. «Mais à long terme, elle renforcera la compétitivité de la Suisse par une productivité accrue et l'application de technologies innovantes.»

L'application de Minder viable

A propos de l'initiative Minder contre les rémunérations abusives, le président a considéré que la manière d'appliquer la nouvelle ordonnance «constitue une solution avec laquelle l'économie suisse peut vivre». Nestlé a ainsi soumis pour la première fois ses propositions de rémunération pour le conseil d'administration et la direction générale, qui ont été acceptées de manière prospective par les actionnaires.

Ces derniers, qui ont approuvé toutes les propositions du conseil à une large majorité, toucheront pour leur part un dividende de 2,20 francs par action. Ils ont par ailleurs élu individuellement chaque membre du conseil, validant notamment l'entrée de Patrick Aebischer, actuel président de l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), dans l'organe de surveillance.

Peter Brabeck a encore mis en garde contre le projet de révision du droit des sociétés anonymes, qui rendrait notamment impossible le mécanisme de vote prospectif en matière de propositions de rémunération. Il s'est également opposé à la disposition prévoyant d'imposer un quota de femmes, «sans même attendre que le code suisse de bonnes pratiques 2014 ait porté ses fruits».

Il a enfin rejeté les nouveaux droits d'intenter une action en justice, ainsi que la proposition d'introduction d'un véritable «droit spécial de procédure» pour l'économie.

Nestlé confiant

Concernant la marche des affaires, l'administrateur délégué Paul Bulcke a pour sa part souligné les nombreuses incertitudes qui ont marqué une année 2014 «difficile», même si Nestlé a dans l'ensemble «surperformé» le marché. Pour l'exercice en cours et les années à venir, l'entreprise est «bien positionnée».

Paul Bulcke a notamment rappelé l'étape franchie l'année dernière, avec la création de Nestlé Skin Health, sur la base de la société de dermatologie Galderma. Celle-ci est désormais une filiale entièrement détenue par Nestlé, suite au rachat des actions jusque-là détenues par L'Oréal. (ats/nxp)

Créé: 16.04.2015, 18h43

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