Le PIB a reculé de 0,2% au premier trimestre

ConjonctureAu premier trimestre 2015, la croissance économique suisse a reculé en raison du franc fort.

Le PIB a reculé au premier trimestre.

Le PIB a reculé au premier trimestre. Image: (photo d'illustration)/Keystone

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

L'économie suisse a nettement ralenti au premier trimestre 2015. Le produit intérieur brut (PIB) réel a perdu 0,2% par rapport aux trois mois précédents. Il s'agit d'un «recul significatif», plus marqué qu'attendu par les analystes, et conséquence du franc fort.

C'est le premier recul du PIB suisse depuis le troisième trimestre 2011. Lors du dernier trimestre 2014, la croissance avait progressé de 0,5%. En rythme annuel, elle est de 1,1%. Elle était de 1,9% au dernier trimestre 2014.

La balance commerciale des marchandises et des services a notamment livré des impulsions négatives, a indiqué ce vendredi 29 mai le Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO). Les évolutions positives de la formation brute de capital fixe et des dépenses de consommation des ménages privés ont limité un recul plus important du PIB.

Impact sur l'économie réelle

La contraction du PIB suisse de 0,2% au premier trimestre 2015 est une conséquence du franc fort. «La réévaluation du franc a désormais un impact sur l'économie réelle», a indiqué Bruno Parnisari, chef du secteur conjoncture à la direction de la politique économique du SECO.

Sans être une surprise, le recul est «significatif», selon Bruno Parnisari, et plus important qu'attendu par les économistes. Ils tablaient sur une stagnation de la croissance, voire un recul de 0,1%. De plus, les effets négatifs liés au franc fort étaient plutôt attendus pour les deuxième et troisième trimestres.

«C'est un résultat plus faible qu'attendu, nous sommes dans une situation de revers conjoncturel marqué», affirme Bernard Lambert, chef économiste à la division gestion de fortune de la banque Pictet.

Dégâts limités

Bruno Parnisari constate par ailleurs que le recul constaté en Suisse contraste avec l'amélioration de la conjoncture en Europe. «Cela montre clairement que la situation monétaire a nettement freiné la conjoncture suisse».

«La reprise dans l'Union européenne a vraisemblablement contribué à limiter les dégâts», estime de son côté Bernard Lambert.

Exportations en recul

Dans le détail, les exportations de marchandises ont reculé de 2,3%, notamment dans la chimie et la pharmacie. Les machines, les appareils et l'électronique, ainsi que l'horlogerie et la bijouterie ont tous enregistré une évolution négative.

«La réévaluation du franc a détérioré fortement la compétitivité des entreprises exportatrices suisses et, malgré la baisse des prix de vente, les volumes exportés en ont largement souffert», précise Bernard Lambert.

Bonne tenue de la consommation

Côté production, plusieurs rubriques comme le commerce (-1,9%) et l'hébergement (-3,8%) ont connu un affaiblissement conjoncturel. L'industrie manufacturière n'a pas apporté de contribution à la croissance (-0,1%). La santé ( 1,6%) et la construction ( 1,1%) ont par contre amené des impulsions positives, relève le SECO.

Les dépenses des ménages et des institutions privées sans but lucratif au service des ménages ont elles augmenté de 0,5%. Elles concernaient particulièrement le logement, l'énergie et la santé. Grâce aux baisses des prix et au coût du baril de pétrole, la consommation se tient bien, explique Bernard Lambert. Les dépenses de consommation des administrations publiques se sont enrobées de 0,1%.

Les investissements consentis en matière de biens d'équipement ont progressé de 0,5% et ceux dans la construction de 0,3%.

Tout dépendra du franc

Au SECO, on rappelle encore qu'il faut relativiser ce recul du PIB, car «il ne s'agit que d'un trimestre, les résultats sont à prendre avec prudence», selon Bruno Parnisari. Difficile de dire toutefois pendant combien de temps le franc fort aura un effet négatif.

«Nous anticipons une contraction de l'activité économique en tout cas jusqu'à l'automne, avant une reprise graduelle, liée en partie à une meilleure croissance mondiale. Mais tout dépendra de l'évolution du franc suisse», avance-t-on chez Pictet.

Le SECO va publier dans deux semaines ses prévisions de croissance pour 2015 et 2016. Il les avait nettement abaissées en mars à 0,9% pour 2015. L'institut d'analyse conjoncturelle KOF de l'EPF Zurich table lui sur une croissance de 0,2% cette année. Chez Pictet, on a révisé le chiffre à la baisse, de 0,7% à 0,5%. La Banque nationale suisse (BNS) est plus optimiste avec 1%.

(ats/nxp)

Créé: 29.05.2015, 07h59

Articles en relation

L'économie suisse ralentit, et ce n'est pas fini

Conjoncture La croissance économique de la Suisse devrait avoir ralenti au premier trimestre 2015. Les effets négatifs liés au franc fort sont attendus pour les deuxième et troisième trimestres. Plus...

La fin du taux plancher est «un coup de poignard»

Unia Les délégués de la conférence professionnelle de l'industrie horlogère d'Unia rejettent la décision de la Banque nationale suisse (BNS) d'abolir le taux plancher liant le franc et l'euro. Plus...

L'économie romande va ralentir en 2015

Prévisions conjoncturelles Le PIB romand va croître de 0,8% cette année, contre 2,1% l'an dernier, selon une étude. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.