La place financière suisse gagne sur (presque) tous les fronts

FinanceSerein, le secrétaire d'Etat Jacques de Watteville a tiré un bilan très positif de six ans de dur labeur pour faire de la Suisse une place «propre en ordre».

Jacques de Watteville Image: Keystone

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

La Suisse revient de très loin. C'est après avoir paraphé jeudi une déclaration commune visant à introduire l’échange réciproque et automatique de renseignements en matière fiscale (EAR) avec le Japon, (un de ses plus importants partenaires économiques), que le secrétaire d'Etat Jacques de Watteville a présenté ce vendredi matin à Berne le 6e rapport sur les relations financières et fiscales qu'entretient la Suisse avec le monde.

D'emblée, le chef du Secrétariat aux questions financières internationales (SFI) a donné à comprendre que le maître des lieux a changé.

Plus de swiss finish, sauf dans le «too big to fail»

Terminé, le fameux «swiss finish», si cher à la conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf, ancienne patronne du Département fédéral des finances (DFF) auquel est rattaché le SFI, un concept qui a horripilé de longues années durant les milieux financiers suisses.

Sûrement en lien avec l'arrivée d'Ueli Maurer, le nouveau patron du DFF, Jacques de Watteville a rappelé que «des réformes importantes ont été mises en place, d'autres sont encore à venir, mais nous nous efforçons de reprendre les traités internationaux, ni plus, ni moins», a souligné le secrétaire d'Etat.

«Il n'y a pas de swiss finish (de normes qui vont plus loin que la moyenne internationale, ndlr), sauf en ce qui concerne le problème que posent les grandes banques suisses trop grandes pour faire faillite (TBTF)», a-t-il dit. Dans ce cas-là, «le poids des grandes banques de la Suisse est disproportionné par rapport à la force économique du pays», et il est très important de protéger la Suisse d'une faillite de ces deux instituts.

La Suisse va attirer davantage de multinationales

En lien avec cette stratégie, «les dernières déclarations faites jeudi par l'Union européenne, qui veut introduire plus rapidement les normes de l'OCDE (BEPS) luttant contre l'évasion fiscale des multinationales ne regardent que ces pays. En ce qui nous concerne, nous avons toujours dit que notre processus politique nous oblige à avoir des délais plus long, que nous suivrons», a poursuivi Jacques de Watteville.

Est-ce qu'une uniformisation de l'imposition des multinationales réduira l'avantage compétitif suisse? «Non, a répondu le secrétaire, car ces nouvelles règles veulent lutter contre la double non imposition. Dès que la Suisse les aura adopter, les autres avantages du pays auront pour résultat d'attirer encore plus d'entreprises, intéressées par exemple par la sécurité du droit suisse».

Les Etats-Unis ne sont pas le diable craint par les banquiers suisses

Le programme américain? «Les peurs des banques suisses, qui étaient catastrophés, se sont avérées complètement injustifiées. Maintenant que le programme pour les établissements de catégorie 2 (terminé mercredi passé, lui qui regroupait les établissement qui avaient quelque choses à se reprocher mais n'étaient pas sous poursuite pénale, ndlr), est terminé, on constate que les Etats-Unis ne sont pas du tout acharnés sur la Suisse, qu'il n'y a pas eu de croisade des Etats-Unis».

Il a appellé de ses voeux «que les établissements de catégorie 1 (hors programme), 2 et 3 (qui n'ont rien à se reprocher) sachent aussi prochainement où ils en sont».

Emploi stable dans la finance suisse, l'accès au marché toujours un casse-tête

Au total, en se pliant à la pression internationale, la Suisse a réussi à «maintenir stable l'emploi dans la finance suisse, soit autour de 200 000 emplois, ainsi que la place de leader du pays dans la gestion de fortune transfrontalière (avec le quart du marché)». La finance crée près de 10% de la richesse nationale, a-t-il rappelé.

Maintenant, «il nous reste à poursuivre notre effort pour assurer aux banques suisses un accès au marché, les discussions exploratoires de mars dernier ayant été cessées à cause de l'initiative 'Contre l'immigration de masse' et des questions institutionnelles non résolues», a conclu Jacques de Watteville.

Les autres pays doivent aussi faire leur travail

Un autre dossier en suspens est la reconnaissance pratique par les pairs du Forum pour la transparence fiscale. «C'est un dossier ardu, en cours, pour que la Suisse sorte enfin de la liste noire, car des pays se plaignent de la non coopération de la Suisse. Mais nous ne pouvons pas les aider s'ils ne font pas leur travail et n'arrivent pas à monter des dossiers d'entraides indépendants de données fiscales volées, que ne peut accepter la Suisse».

Et finalement, la Suisse va participer à un nouveau tour de visse du GAFI, cet organisme de lutte contre le blanchiment de l'argent sale, car «des projets mis en place suite aux attentats de Paris sont en cours pour rendre encore plus difficile le financement du terrorisme».

Créé: 29.01.2016, 13h05

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.